Clémenceau : les questions qui tuent !
Le Clémenceau est parti pour le chantier de Hartlepool en Angleterre et l'Etat français espère s'être enfin débarrassé de son plus gros déchet. Ce départ suscite néanmoins plus de questions qu'il n'apporte de réponses. A quel prix ? Pour 4,7 millions d'euros quand tous les autres prétendants sérieux avaient demandé près de 10 fois plus !
Pour rappel, les 70 tonnes d'amiante enlevées du Clémenceau à Toulon en 2005 avaient coûté près de 4 millions d'euros. Il en reste aujourd'hui plus de 800 tonnes à bord. Pour une telle quantité, les estimations varient de 20 à 25 millions d'euros. A moins que le ministère de la Défense continue de croire, comme il le déclarait très officiellement pendant le périple
indien, qu'il ne reste que 45 tonnes d'amiante !
Comment la société Able UK va-t-elle dépolluer le Clémenceau à ce prix, dans des conditions sanitaires et environnementales respectueuses ? Pour le moment, cette société semble surtout réticente à travailler avec les syndicats locaux.
Où se trouve la fameuse plus grande câle sêche d'Europe ? En allant sur Google map, on constate aisément que le site où attendent déjà 4 navires américains est un bras de rivièrdonnant sur la mer, sans infrastructures particulières. Able UK promet de fermer le site et de l'assécher avec la construction d'une digue. Pourquoi ne l'a-t-elle pas déjà fait pour le démantèlement prétendument engagé des navires américains ? Qu'est-ce qui garantit l'imperméabilité du site, et notamment du sol ?
Comment Able UK a-t-elle gagné le marché ? On doit surtout s'interroger sur le très bon résultat obtenu sur la réponse technique, n'ayant aucune expérience de démantèlement de navires. Il semblerait par ailleurs qu'Able UK n'ait obtenu les licences indispensables pour ce type de travaux qu'une fois le contrat attribué (ce qui était exclu par l'appel d'offres). Le ministère de la Défense a malheureusement opéré dans l'opacité.
L'Etat français se débarrasse à moindre coût de son plus célèbre déchet. Comment, en contradiction totale avec les engagements du Président Chirac, met-il une véritable bombe sanitaire et environnementale entre les mains d'une société plus habituée à désamorcer les grenades ? Une fin décidément honteuse et cynique pour l'ancien fleuron français !
Yannick Jadot, ancien responsable du dossier Clémenceau au sein de
Greenpeace France, candidat dans l'Ouest pour le Rassemblement Europe Ecologie
















Juste pour dire qu'on écrit Clemenceau (sans accent).
Salut Yannick,y a t'il des réactions en Angleterre concernant le désamiantage du Clémenceau?Les collègues anglais d'Europe Ecologie?D'après ton post on peu craindre le pire.Olivier