Le statut européen de Mayotte
Pour l'Union Européenne, Mayotte était jusqu'alors un PTOM : pays et territoires d'outre-mer faisant l'objet du régime spécial d'association défini dans le traité d'Amsterdam.
En devenant département d'outre-mer, l'île entrera-t-elle automatiquement dans la catégorie de région ultra-périphérique (RUP) régie par les dispositions de l'article 299 du traité d'Amsterdam ?
Ce serait une aberration vu que presque tous les Etats européens ont voté les résolutions de l'ONU contre la France sur Mayotte. Le 12 Novembre 1975 la résolution 3385 rappelle : « la nécessité de respecter l'unité et l'intégralité territoriale de l'archipel des Comores composé des îles d'Anjouan,de la Grande Comore,de Mayotte et Mohéli ».
En 1975, lors de la décolonisation du territoire des Comores, la France était parvenue à séparer Mayotte du reste de l'archipel, au mépris du respect des frontières et des règles internationales.
Condamnée une vingtaine de fois par l'ONU, l'occupation de ce territoire est illégale.
En 1976, un référendum illégal organisé dans une atmosphère de terreur, de violences et d'expulsions des indépendantistes avait entériné l'annexion de Mayotte.
Mise sous perfusion économique, au milieu d'un archipel dévasté par les services secrets français, l'île est devenue un facteur de déstabilisation de l'archipel des Comores qui a subi plusieurs coups d'état perpétrés par des mercenaires dont Bob Denard....
Les situations humaines sont dramatiques : familles séparées par la « frontière française », traversées clandestines au prix de nombreuses noyades ( 7000 morts depuis l'introduction du visa en 1995) .
Le centre de rétention administrative ( CRA) de Pamandzi est indigne de la République : surpopulation, de nombreux enfants, conditions d'hygiène déplorables, pas de lits, pas de couverts, peu de nourriture....
Les conditions de vie des Comoriens traqués à Mayotte sont déplorables et aggravées par une campagne lancée en 2005 sur le « droit du sang ».
Les expulsions sont massives : 13 000 en 2008 .
Pour conserver Mayotte, la France a usé de deux stratégies : l'une qui consiste à y maintenir un niveau de vie supérieur à celui du reste de l'archipel, l'autre en affaiblissant et contrôlant politiquement les Comores par des méthodes barbouzardes.
Le résultat du référendum sur la départementalisation n'est pas surprenant. C'est en ignorant la légalité internationale que la France renforce « l'ancrage définitif »* de Mayotte sous couvert d'une apparente démocratie.
L'Europe des Régions que nous voulons construire se doit de favoriser un développement équitable de l'archipel , dans le respect des cultures locales, de concevoir une politique régionale cohérente.
* Définitif ? l'Algérie fut aussi un département français.















