Ma solidarité dans les luttes

Portrait de Jose Bove

Dès le début, la politique agricole commune a été mise en place pour vider les campagnes, rayer les fermes du paysage et pousser les enfants des paysans dans les usines. Au début des années 1960 l'industrie avait besoin d'hommes et de femmes pour servir les machines...

Une des motivations profondes de la PAC, rarement dénoncée, a été de fournir cette main d'oeuvre. Ce basculement vers un monde urbain et industriel s'est fait en quinze ans. La soif de consommation, l'illusion d'avoir un salaire et un emploi assuré à vie ont entraîné une véritable hypnose collective. Le moteur de notre société tournait à la consommation. La destruction systématique et volontaire des emplois en agriculture paraissait une évidence pour les enarques et les capitalistes : hors industrie, pas de salut et pas de modernité ! Tant que l'économie "offrait" un emploi, la politique agricole commune pouvait avoir un semblant de cohérence macro-économique mais, dès 1973, avec l'apparition d'un chômage chronique, elle est devenue socialement néfaste et détestable. Les responsables politiques européens n'ont jamais été capables de redessiner l'avenir en prenant en compte l'emploi et l'aménagement du territoire. Tous les ministres de l'agriculture français depuis 1974 ont poursuivi avec véhémence une politique faite à l'origine pour fournir des bras aux mines de charbon et aux aciéries qui fermaient les unes après les autres. Les usines d'automobiles se restructuraient déjà. Les chantiers navals se délocalisaient et les paysans continuaient à dégager. Cécité politique ? Incapacité à réorienter le Titanic ? Non, simplement nos dirigeants ont favorisé de manière de plus en plus outrancière les intérêts de quelques-uns aux dépends du bien collectif. Aujourd'hui le fossé est devenu un gouffre gigantesque.

Toutes les trois minutes, une ferme disparait en France. A la fin de l'année un département comme celui du Gers aura perdu 200 emplois directs dans l'agriculture. Qui proteste ? Qui s'insurge ? A-t-on déjà vu un Député monter au créneau parce qu'une exploitation agricole de son canton met la clé sous la porte ? Les gros agri-manager du coin guettent les opportunités et se jettent sur les terres qui se libèrent pour capter encore plus de subventions européennes. Via campesina Europe, depuis des années, dénonce cette absence de courage de nos élus et ce désintérêt méprisant pour l'emploi agricole. Derrière ces emplois paysans ce sont des classes d'écoles qui ferment, des hopitaux qui disparaissent, des gares où les trains ne s'arrêtent plus. C'est un pays entier qui est déménagé.

Les paysannes et les paysans ne font pas la grêve. La traite des vaches n'attend pas. La coupe du foin, les vendanges doivent être faites lorsque le temps le dit au risque de perdre une année de travail. Cette contrainte particulière à notre métier, nous l'avons dépassée, en pratiquant la désobéissance civile. L'imagination et l'énergie militante nous ont permis depuis de nombreuses années de lutter avec efficacité contre le rouleau compresseur du libéralisme européen. Nous avons occupé des fermes pour installer des jeunes. Nous avons démonté des Fast Food pour dénoncer l'OMC. Nous avons arraché des pieds de maïs transgéniques pour freiner le développement de fermes immenses sans hommes et sans travailleurs. Ces pratiques nous les avons menées collectivement et dans la non-violence. Inventons des pratiques de désobéissance civile, et grippons ce système qui nous lamine!

Les paysans ne font pas la grêve mais ceux de la Confédération paysanne dont j'ai été porte-parole, n'ont jamais raté une occasion d'être solidaires avec les salairiés et avec les ouvriers. Aujourd'hui encore je réaffirme cette solidarité dans la lutte. Nos fermes, nos Universités, nos hopitaux, nos écoles, et tous nos services collectifs ne doivent plus perdre un seul emploi. C'est en nous mobilisant que nous ferons plier Sarkozy et Barroso. C'est en résistant que nous créerons une société juste aujourd'hui et vivable demain.

 

Portrait de El..T
54850 Messein
Inscrit(e) depuis le 25/10/08
Ecopoete, Ancien assistant d'entreprise domaine qualité, sécurité et environnement

"La graine qui n'appartient plus à l'agriculteur"

...La faille juridique !

Monsieur qui n'est pas mont saint,

Si je prend un sac de vos graines,

Dans une de vos USINES à plantes,

Vous pourrez dire que je l'ai volé...

Je ne le ferais pas, ni travaillant pas

...de toute maniére.

Si je prenai ce méme sac,

de semenses

trans...

qui me géne,

Chez un agriculteur qui vous l'a "payé",

je ne pourrai pas avoir commis de "VOL LEGALEMENT",

ces graines ne lui appartenant pas réellement,

Il n'y aurait pas de délit...

Si vous ne comprenez pas,

Je repéte...

Comment vous pouvez, faire croire,

que vous vendez un produit,

Alors que l'acheteur,

n'en est pas réellement en posséssion.

Un agriculteur est libre du produit du travail de sa terre...

La graine,

depuis la nuit des temps appartient :

aux producteurs

cultivateurs,

agriculteurs,

horticulteurs,

et aux jardiniers...

qui cultivent les plantes sur leur terre.

Vous vous appropriez la graine,

résultat du travail de l'agriculteur.

Puisque vous lui interdisez d'utiliser,

sa récolte pour ses besoins propres en semenses.

Je peus supposer que votre clause improbable,

est une protection...

pour soigner votre peur de la diffusion à grande échelle,

de monstres insensés,

qui pourrait être issu de votre génie absurde.

Je vous conseille les neuroleptiques...

Bien que dans le cas de votre raison déraisonnable,

la spychanalyse, me semble une voie plus douce...

Monsieur Maux...

vous vendez du vent,

vos actions ne valent pas plus que l'air que je respire...

Puisque vous vous attribuez un droit sur des graines produitent,

par le producteur qui, ne peut pas avoir le droit de les vendres,

et de les utiliser librement,

C'est une sorte d'esclavage par appropriation merchantile du travail de l'autre,

En droit Français celà ressemble à un déli de Marchandage, je CROIS...

Seules des plantes issues de la mutiplication par micro bouturages biotechnique, par cultures in vitro de plants, de cals ou de graine de variétée issue de la nature appartenant à l'humanité et sans modification artificielle par la transgénese sont écologiquement acceptables.

La manipulation des organismes vivants par des techniques autres que celle de l'évolution génétique naturelle, ne respecte pas la charte des nations unis ou ne devrait pas la respecter et est à mon sens, un crime contre l'humanité, contre l'environnement, la biodiversité et contre la sagesse de l'évolution de la génétique naturelle...de Darwin.

Vous jouez, il me semble à être DIVIN, et à moins que vous soyez alors dites le !

LES PLANTES TRANSGENIQUES A LA POUBELLE...

sans recyclage...à l'incinérateur que je connais, qui servira et sera vraiment écolo...

pour une fois...

EL,.T

Je dédie cette Poesie, aux arracheurs de champ OGM, et aussi à  ceux qui subbissent ou qui ont subbi, des états, des puissances industrielles et financiéres...pour leurs Idées écologistes.

Petition :

http://www.greenpeace.org/france/getinvolved/act/petition-pour-une-europ...

Portrait de Le Grand Matin
44000 Nantes
Inscrit(e) depuis le 19/07/09

Et quoi ? l'écologie accepte bien les critiques :
Décidément, le propre de l’écologisme est d’avancer caché. Et ce n’est pas les habits neufs du vice-président Bové(1) qui nous montrent le contraire. Le réchauffement climatique vend déjà ses tonnes équivalent-carbone. Et voilà que, le commerce de la fin du monde nous propose encore l’une de ses jolies prestations, l’empreinte écologique(2). Or, nous prétendons que, sous des atours dissimulés, l’empreinte écologique proclame fondamentalement une même soumission au mécanisme de l’appropriation capitaliste. Il ne s’agit que de rendre la soumission plus durable.

Dans la cacophonie exercée par nos jardiniers de la planète, l’empreinte écologique correspond à un calcul savant de la surface utile pour produire la même chose. La conclusion «heureuse» est que cette surface fictive n’existe pas et que «nous» devrions réduire notre empreinte écologique simplement pour survivre. L’empreinte révèle par conséquent le gaspillage consumériste propre à «nos» sociétés et l’absurdité de «notre mode de vie» de riches. En doutions-nous ? Voyons donc par où le bât blesse.

Sensée se référer à un contre emploi du PIB, l’empreinte écologique prétendait intégrer les données environnementales aux contraintes de l’industrie afin de mesurer la pression exercée sur les écosystèmes par le mode actuel de production capitaliste(3). Présentée sous la forme d’un calcul scientifique des énergies consommées rapportées à la biomasse disponible, l’empreinte écologique met l’accent sur la productivité des surfaces(4). Ainsi, dans le travail universitaire original, la bio capacité moyenne de la planète est évaluée à 1,3 ha par personne, c’est à dire que chacun consommerait la production de 1.3 ha. L’idée économico-écologique de la mesure de l’empreinte devrait ainsi permettre d’adapter l’économie marchande aux limites de la planète et de poursuivre un « développement » continuel.

Néanmoins, de multiples critiques ont été portées sur le système de mesures(5) de l’empreinte écologique. En se référant à des surfaces supposées être bio-équivalentes, le calcul amoncelle des unités bien hétérogènes (agrosystèmes et océans par exemple) et simplifie la valeur marchande des écosystèmes. Bref, le soi-disant algèbre savant n’est en fait qu’un piètre exercice de mathématiques appliquées. Les agents de la force verte en retiennent pourtant l’idée que, faute de mieux, l’empreinte écologique rendrait visible la surexploitation industrielle de nos campagnes, ici rebaptisés écosystèmes pour faire plus joli. De toutes façons, le calcul rabâche toujours que la planète ne constitue finalement qu’une ressource, et une ressource, évidemment, on l’exploite. Simplement, «nous» ne le ferions pas de manière raisonnable.

En protestant contre une exploitation incontrôlée, une surexploitation de la terre, les tenants de l’empreinte écologique réussissent ainsi un premier petit tour de passe-passe en cachant que le capitalisme est essentiellement un mode d’appropriation insupportable. Les commerçants du WWF insistent d’ailleurs sur la finitude du monde pour en contrôler une meilleure vente puisque nous ne «possédons» pas les 3,2 planètes nécessaires pour continuer une telle surexploitation(6). Qu’on ne s’y trompe pas! Ni écolo-simplets, ni pathologiquement sceptiques, nombre de ceux qui luttent en écologisme veulent aussi combattre le capitalisme et pas seulement les débordements effarants du système marchand. Mais la lutte écologiste n’a jamais été fondamentalement anti capitaliste. L’écologisme constitue d’abord un couvert qui dissimule les errances de la marchandisation du vieux monde. Ceci n’empêche rien de l’intérêt de la résistance.

Le second non-dit de la mesure de l’empreinte est le postulat de la socio-équivalence de l’exploitation. En tant que consommateur, le prolétaire exercerait une empreinte équivalente à un patron. Le conflit social est évacué au profit d’un simple souci d’économiser le monde(7). Il n’est alors pas étonnant que l’économie devienne la loi la plus sacrée de l’écologie et même du vieux monde qui poursuit ainsi son pseudo-développement. Ce n’est plus les exploiteurs qui ont engagé une guerre tyrannique en nous exploitant mais l’«humanité entière» qui exerce une pression consumériste contre son propre monde. Comme dans un système religieux, l’économie de la fin du monde organise une individualisation de la faute. Ici, les humains du nord plus «riches» (d’objets pauvres) sont plus vilains que les humains du sud (plus pauvres d’une agriculture vivrière). Si chacun trie bien sa petite poubelle, la planète serait sauvée.

Il est, bien sûr, vrai que le capitalisme fait déborder ses déchets, ce qui est bien dommage pour les bourgeois puisque l’écrémage des détritus permettrait de relancer une économie nouvelle, la marchandisation des ordures. Mais les déchets inondent décidemment beaucoup trop dans notre vie quotidienne. Aussi, les tenants de l’empreinte entament-ils une troisième oraison secrète, la culpabilisation individuelle. L’objectif est ici d’organiser une soumission intériorisée limitant l’usage de la police aux plus rétifs à la pauvreté monastique. Chacun devrait réduire son empreinte écologique en consommant «mieux», c’est à dire en usant de produits estampillés écologiquement «marchandables». Notons que, en sollicitant un certain dénuement volontaire, l’empreinte écologique relève tout de même l’inutilité pratique de nombre d’objets manufacturés. Mais là n’est pas son objectif primitif. Il s’agit bien davantage d’obtenir l’adhésion des exploités à ce mode d’exploitation. Car en définitive, les écolo-marchands prônent bien un système de régulation par le marché lui-même, les consommateurs «pratiquant» la rationalisation des échanges économiques selon les pseudo lois d’offre et demande. Ou bien, pour le dire plus clairement, l’empreinte sollicite un capitalisme plus consensuel. C’est pourquoi il ne faudrait ni que les pauvres soient trop visibles, ni que les réticences au processus de régulation ne parlent trop fort.

Voilà donc que s’organise aussi la grande confiscation de la parole. Seule les mots écolo-sacrés ont le droit de cité. On distribue même gratuitement des films bibliques comme «une vérité qui dérange» ou encore «home». L’écologiquement correct est devenu la règle du capitalisme. Et puis, même la misère devient moins forte : en proposant le rationnement volontaire, chacun peut expliquer aux pauvres combien cette « richesse » (pourtant tant vantée pendant des décennies) est une mauvaise fortune. La pauvreté résolue des pauvres devient une norme bien-pensante. De toutes façons, la police va veiller à parfaire ce nouveau paradigme. L’état devient le grand Ubu qui serait capable de faire plier l’organisation marchande vers un monde écologiquement vendable. Le «citoyen» de base est réclamé pour participer à cette œuvre peu banale de délation de son prochain, chacun étant sollicité pour devenir auxiliaire de la police écologique.

Car oyez, oyez, bonne gens ! Vous devez vénérer la religion verte puisque vous êtes aussi coupables de la gabegie planétaire. Et pour éveiller «vos consciences», on peut craindre qu’on envoie la nouvelle police verte. Munie d’un dépliant pédagogique, elle expliquerait aux prolétaires que le volume de leurs déchets les condamne à payer davantage encore de leur personne. «C'est l'Etat, c'est l'autel de la religion politique sur lequel la société naturelle est toujours immolée»(8). Si l’écologisme demande encore de l’état, toujours plus de police et d’état, ce n’est que pour protéger les cabrioles de la marchandise. Plus que jamais, le capitalisme reste un vulgaire mode d’exploitation des êtres humains. C’est cela la réalité de son empreinte.

Les prolétaires ne se laisseront pas aller sans résistances ni révoltes à cette misère écolo-marchande. Rien n’est devenu aussi visible que l’exploitation quotidienne. Les pseudo alternatives économiques dévoilent de plus en plus l’indigence de leurs principes. « Quel que soit le nom que prend le gouvernement, quelles que soient son origine et son organisation, son rôle essentiel est partout et toujours d'opprimer et d'exploiter, et de défendre les oppresseurs et les exploiteurs » rappelait Malatesta. Si l’espoir reste une catégorie électorale malveillante, la validité marchande de l’écologisme ne possède aussi qu’une durée commerciale limitée. Et voilà, la date de péremption des exploiteurs s’approche.

Fabien Bon (faucheur volontaire) & Thierry Lodé (professeur d’écologie évolutive)

1. Elu en 2009 vice-Président de la commission agricole au parlement Européen.
2. ou « Ecological footprints »
3. Rees W.E. 1992. Ecological footprints and appropriated carrying capacity: what urban economics leaves out. Environment and Urbanisation 4 (2): 121–130.
4. Wackernagel, M. & W. Rees. 1996. Our Ecological Footprint: Reducing Human Impact on the Earth. New Society Publishers.
5. Grazi, JC, JM van den Bergh and P. Rietveld 2007. Welfare economics versus ecological footprint: modeling agglomeration, externalities and trade. Environmental and Resource Economics 38(1): 135-153 ou encore Fiala, N. 2008. "Measuring sustainability: Why the ecological footprint is bad economics and bad environmental science". Ecological Economics 67 (4): 519–525
6. Ces marchands de la nature, le WWF, proposent d’ailleurs une individualisation du calcul de votre empreinte avant de vous inviter à racheter votre bonne conduite en consommant chez eux.
7. « Pour produire nos conditions d'existence, nous devons de toute urgence nous comporter en copropriétaires responsables. Nous redonnerons alors à l'économie son premier sens, celui du verbe " économiser " » ose énoncer Bernard Perret dans Le capitalisme est-il durable
8. Bakounine M 1867. Fédéralisme, socialisme et antithéologisme.

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Il y a des militants et de simples citoyens qui protestent et s'insurgent contre la PAC et ce qu'elle a provoqué : en témoigne le récent film documentaire "Sans terre et sans reproche" qui parle de jeunes paysans sans terre... au coeur de notre pays. On y voit les difficultés de néo-agriculteurs bio ou simplement "raisonnés" à se faire accepter par leurs pairs, et à se faire entendre par les autorités compétentes (chambres d'agriculture et mairies).
http://www.actus-durables.fr/2008/11/sans-terres-et-sans-reproches/
Bonne continuation José !
Verts Paris 11e