Retour d'Istanbul
En mission pour Nantes Métropole, dans le cadre de la ma délégation à la coopération décentralisée, voici quelques "empreintes" de mon passage au Forum mondial de l'eau..
Ce forum est considéré comme un échec...aucune avancée perçue voire même les éléments d'un net reculpar rapport à la déclaration de Mexico, notamment dans l'absence formelle de reconnaissance de la place de la gouvernance locale et du principe de subsidiarité. Dans un communiqué de presse publié le 20 mars sur place, les autorités locales et régionales s'en sont émues et ont lancé un appel pour amender la déclaration ministérielle de ce 5ème Forum sans succès en affirmant que la gouvernance locale se situe à la croisée de la démocratie, des services publics et du progrès économique. L'atteinte des objectifs du millénaire pour le développement et la construction de réponses aux attentes des populations, notamment sur les besoins vitaux, pour renforcer la démocratie doivent être au coeur de nos actions, en ce sens, la
déclaration finale d'Istanbul est une déception.
- doit-on y voir un lobby plus puissant du conseil mondial de l'eau fortement piloté par les grandes entreprises multinationales de l'eau, notamment françaises, comme Véolia ou Suez et/ ou un coup d'arrêt aux processus de décentralisation ?
- Malgré cela, nous, élus locaux (plus de 250 du monde entier), avons adopté le Pacte de l'eau d'Istanbul.
Ce Pacte d’Istanbul sur l’Eau est avant tout un appel à l’action et engage les gouvernements locaux et régionaux à réaliser des plans locaux sur des objectifs concrets pour améliorer la gestion de l’eau et l’assainissement. Le Pacte d’Istanbul sur l’Eau adopté par les autorités locales et régionales réaffirme également que l’accès à une eau de qualité et à l’assainissement est un droit fondamental pour tous les êtres humains.
Les élections européennes de Juin 2009 sont l'occasion de réaffirmer notre engagement prioritaire pour l'eau tant en terme d'accès à l'eau pour tous que de gestion des risques liés au changement climatique qui créé aujourd'hui des centaines de milliers de réfugiés à travers le monde et notamment dans les zones les plus pauvres et non protégées où le manque d'eau et de gestion d'assainissement génèrent de grandes catastrophes humaines (santé, environnement...). La quasi absence de l'union européenne et ses représentants à ce forum mondial de l'eau est révélatrice d'un manque criant du rôle que doit jouer l'union européenne sur cette question centrale pour l'humanité.
- A titre personnel , j ai communiqué sur un retour d'expérience (loi Oudin) sur le territoire de l'agglomération nantaise en rappelant les axes forts qui guident notre action de coopération décentralisée dans le domaine de l'eau.
Ce sont les orientations de notre politique publique en matière de coopération décentralisée et pas les principes de la loi Oudin qui ne reste qu'un outil complémentaire pour intensifier nos actions dans les domaines de l'eau et de l'assainissement. Ceci implique donc d'avoir une ligne budgétaire propre "coop décentralisée".
Nous considérons que la coopération décentralisée en matière d'accès à l'eau et assainissement est un aspect essentiel de la lutte contre la pauvreté et la dépendance, notamment des pays du sud. Notre souci est donc d'intervenir en direct ou en lien avec des ONG locales avec le souci de donner aux populations la maîtrise de leur devenir. Développer ce qu'on pourrait appeler " la démocratie EAU"...ce n'est donc pas uniquement comme l'a affirmé un des promoteurs de la loi 1% eau, André Santini, "la promotion du modèle français de l'eau et d'ouvrir des marchés au sud".
Pour illustrer ces propos, j'ai fait part d'une expérience pilote que mène Nantes Métropole en Guinée en partenariat avec l'ONG Guinée 44 sur l'extension et la modernisation d'un réseau d'eau et d'assainissement sur la ville de Kindia.
















quel rapport avec europe ecologie ?
Pour le droit universel à l'eau