Dissidences

 

DISSIDENCE d'ici et d'ailleurs

 

 « Dissidence »: un terme à la fois évocateur et connoté...

 

"Connoté" dans la mesure où il cible dans la mémoire européenne l'expérience du totalitarisme.

"Evocateur" puisqu'à travers les figures incarnant la dissidence se condense l'idéal de la lutte pour la liberté, la dignité et la solidarité.

Un triptyque de valeurs qui sont le fruit de véritables conquêtes et relèvent d'un projet commun toujours perfectible.

Parler de la dissidence aujourd'hui c'est renouer avec notre histoire et nous replonger dans l'univers du sens. L'esprit européen s'est entre autres construit dans les dissidences. Abélard, Luther, Erasme, Galilée, Copernic, Bruno, ... autant de précurseurs emblématiques de l'esprit de dissidence. Les dissidents de la Réforme, de la Renaissance et de l'Humanisme ont permis les Lumières et ainsi tracé les voies de la liberté de pensée et de l'engagement politique.

Dans un passé récent, les dissidents d'Europe nous parlaient polonais, tchèque, hongrois ou russe. Ce sont les Michnik, Havel, Geremek, Sakharov, Soljenitsyne et alii qui ont contribué à la chute du Mur et œuvré à la réunification de notre continent devenue effective en 2004.

Parler de dissidence aujourd'hui c'est également s'ouvrir au monde et y reconnaître la posture du "révolté". C'est entendre la voix de ces Biélorusses, Chinois, Russes, Laotiens, Coréens, Iraniens, Africains, Cubains... Une dissidence que certains ont payé de leur vie - Anna Politkovskaya vient à l'esprit- ou de leur liberté comme Mandela et, actuellement, Hu Jia . D'autres, tel que Bandajevsky, sont contraints à l'exil. Mais la plupart sont restés dans leur pays pour y combattre l'injustice au nom des droits: Milinkievitch, Kandic pour ne citer qu'eux.

 

 

Parler de dissidence aujourd'hui c'est finalement en saisir l'évolution et repérer ses mutations à travers les luttes contre les "puissants", contre un système dominant, contre les discriminations, à l'intérieur d'une institution pour provoquer leur évolution en vue d'un "bien commun".  Désobéissance civile, mobilisation citoyenne, ONG, collectifs pour la défense des droits au logement, au travail, à l'immigration, à une alimentation et à un environnement sains, ... Autrement dit, une dissidence polymorphe exprimant les mêmes valeurs. Et c'est à bien des égards au coeur de cette exercice de la dissidence que l'écologie politique trouve ses repères. En cherchant à élargir toujours plus les champs du droit et du mieux-vivre, en acceptant de se confronter à la complexité du monde et de répondre aux problèmes dans leurs interdépendances, en prônant la transformation radicale de nos modes de production et de vie, elle constitue l'une des formes modernes de la dissidence aux niveaux de la pensée et de l'action politiques.

Enfin c'est en 2009, autrement dit 20 ans après la répression de Tian'Anmen et la chute du mur de Berlin, que nous voulons rassembler sur ce thème certaines figures dont le parcours illustre cette attitude fondamentale et contribuent à maintenir les consciences en éveil.

Quoi de plus naturel dès lors que de nous retrouver le 17 mai chez Ariane Mnouchkine, au Théâtre du Soleil, ce haut-lieu de production de la dissidence artistique!

Parler de la dissidence aujourd'hui c'est renouer avec notre histoire et nous replonger dans l'univers du sens.