Le pilier connaissances

 

LA CULTURE, L'ÉDUCATION ET LA RECHERCHE COMME LEVIERS DE LA MUTATION

 

LA CULTURE, L'ÉDUCATION ET LA RECHERCHE NE SONT PAS DES MARCHANDISES !  La mutation de notre modèle de développement doit reposer sur un programme majeur d'investissement en matière d'éducation, de formation et de recherche, adapté à notre projet de civilisation.

L'EUROPE DONNERA TOUTE SA PLACE À LA CULTURE, QUI EST AU CŒUR MÊME DE LA CRÉATIVITÉ, DE LA SOLIDARITÉ, de la création d'emplois, de l'aménagement du territoire. Pour lutter contre la précarité de tous les acteurs et corps de métier de la culture, nous proposons de rompre avec une approche uniquement sectorielle et centralisée de la culture, car le secteur culturel et créatif est intégré dans toutes les branches de l'économie, à chaque échelle territoriale, de la commune à l'Europe. Il s’agit de renforcer l’autonomie, l’indépendance et les droits des artistes et des médias.

 LA POLITIQUE CULTURELLE DE L'UNION EUROPÉENNE DOIT S'ENRICHIR DE TOUS LES APPORTS DE LA DIVERSITÉ EUROPÉENNE, notamment en favorisant la mobilité des artistes, le soutien à la création et à l'art contemporain, le développement des échanges, la protection de l'héritage culturel européen,l'encouragement au multilinguisme et à l’espéranto, la protection des langues régionales. La diversité culturelle est une richesse de l'humanité et doit être préservée.

Cette diversité est en danger aussi bien dans le monde que dans l'espace européen. Les langues régionales ou minoritaires constituent l'un des éléments fondamentaux de cette diversité. Nous proposons que la charte européenne des langues régionales ou minoritaires soit traduite dans le droit européen et que les engagements qui y sont contenus soient applicables à l'ensemble des États de l'Union.

«  Nous défendons un internet actif, où le libre partage est un principe central »

Notre conception de la culture et de la création doit prendre en compte les nouveaux médias. Internet n'est pas un simple nouveau canal de distribution. Nous nous positionnons pour un internet actif, où le libre partage est un principe central, où chacun est à même de télécharger ou de déposer le contenu et les applications de son choix et contre une transformation de l'internet en "Télévision à la demande" filtrée et surveillée. Cela ne doit pas se faire au détriment des artistes et de la création. Nous soutenons donc l'idée d'une "contribution créative" ainsi que les licences globales afin de permettre la liberté d'échange tout en rendant possible le financement de la culture et de tous ceux qui y participent.

Proposition 1

UN PLAN EUROPÉEN DE LUTTE CONTRE L'ILLETTRISME

SELON UNE ENQUÊTE DE L'OCDE publiée en 2000, pas moins de 25% de la population de vingt-deux pays industrialisés, qui représentent plus de 50% du PIB mondial, ne sont pas en capacité de remplir un formulaire à l'hôpital, de déchiffrer un contrat d'assurance automobile ou de calculer une distance. En France, les différentes études montrent que plus de 10% de la population de plus de 16 ans est touchée. Cet état de fait n'est pas tolérable.

NOUS PRÉCONISONS DONC UN PLAN DE LUTTE MASSIF CONTRE L'ILLETTRISME. Il devra :

-Assurer la prise en compte et l'intégration de l'ensemble des personnes en difficulté face aux savoirs de base.

-Contribuer à l'adaptation des travailleurs et des entreprises aux mutations économiques.

-Introduire les nouvelles technologies de l'information et de la communi cation dans les dispositifs de formation des publics de bas niveaux de qualification.

«  l'Education est un bien public commun »

Proposition 2

UN STATUT SOCIAL EUROPÉEN DE L'ÉTUDIANT LE TRAITÉ DE ROME a institué le principe de non discrimination entre les habitants des pays membres. L'expérience d'ERASMUS prouve pourtant qu'un étudiant en visite ou établi dans un État membre autre que le sien ne bénéficie pas toujours des mêmes droits (transports publics, allocations, régime de sécurité sociale) que les étudiants nationaux. Un signal fort pour mettre fin à ces discriminations est nécessaire. Il consistera dans la mise en place d'un statut européen de l'étudiant avec une carte étudiante européenne ouvrant aux mêmes droits.

-Le droit à l'autonomie sera assuré par le Revenu Minimum, complété par des bourses d'études.

-Le droit au logement sera assuré. Sa mise en œuvre passera notamment par la rénovation des logements universitaires et la construction de nouvelles résidences.

NOUS PROPOSONS ENOUTRE LE DROIT pour tout jeune en formation de poursuivre un séjour d'étude dans un autre pays européen que le sien. Chaque citoyen doit avoir la possibilité de vivre, étudier ou travailler à l'étranger. Les dispositifs de type ERASMUS doivent donc être renforcés et étendus avec comme objectif que chaque personne en formation ait au moins une opportunité de partir.

IL EST ENFIN NÉCESSAIRE D’INVERSER LA TENDANCE issue du processus de Bologne, la subordination des besoins de l'école, de l'université et de la recherche aux intérêts des industries privées. L'éducation est un bien public commun. L'éducation publique européenne doit être enracinée dans les principes et les valeurs qui définissent les caractéristiques essentielles de la culture européenne.

Plus particulièrement, l'université doit développer son rôle éminent de formateur culturel et scientifique, sans être liée à la logique du marché.

Proposition 3

DOUBLER LE BUDGET ET RÉORIENTER L’EFFORT DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE VERS LA CONVERSION ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE

LE 7E PCRD (PROGRAMME CADRE POUR LA RECHERCHE ET LE DÉVELOPPEMENT (2007-2013) est doté de 50milliards d'euros. Le 8e PCRD qui devrait être adopté avant la fin 2013 sera un sujet essentiel pour le prochain Parlement européen. Son budget doit être doublé.

Réorienter l'effort de recherche implique de ne plus concentrer le soutien à la recherche sur le seul développement économique. Il s'agit d'intégrer pleinement les dimensions environnementales et sociales dans la définition des politiques de recherche, de favoriser la diffusion la plus large de la connaissance et les échanges entre chercheurs et citoyens. Le soutien européen aux innovations dépendra de leur intérêt écologique et social.

Nous proposons les priorités suivantes :

-Les recherches non finalisées qui mettront l'Espace européen de la recherche (EER) au cœur des révolutions scientifiques à venir.

-Les recherches visant à répondre directement aux besoins sociétaux et aux demandes citoyennes, en particulier en matière de santé et d'alimentation, de même qu'en matière de sobriété énergétique et d'énergies renouvelables. La sélection des thèmes prioritaires associera la société européenne en faisant une large place aux conférences de citoyens.

-Le soutien aux recherches partenariales impliquant chercheurs, ONG et citoyens européens.

-La définition d'indicateurs permettant d'évaluer l'amélioration espérée en termes de bien-être social et d'impacts écologiques des projets innovants déposés.

-Encourager les modes coopératifs ascendants de production des savoirs, d'innovation et de richesses.

L'OFFICE EUROPÉEN DES BREVETS deviendra une institution européenne et rendra des comptes à la Commission et au Parlement. 5% des frais de renouvellement des brevets seront versés dans un fonds indépendant pour financer des recherches sur l'innovation. Parallèlement, l'Europe engagera une politique de révision du périmètre de la brevetabilité (ni brevets logiciels, ni brevets sur le vivant) et développera les outils juridiques correspondants pour étendre ces nouvelles protections du savoir au niveau mondial.

«  la sélection des thèmes prioritaires associera la société européenne en faisant une large place aux conférences citoyennes »