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Billet
03 05 09
Nous étions 150 encore à minuit, et une quarantaine à être resté toute la nuit, devant le CRA (Centre de Rétention Administrative) de Rennes à attendre et vouloir empécher l'extraction de deux familles.
La nuit fut longue et il ne s'est rien passé !
Les autorités s'interrogent peut-être sur le bien fondé de ces rétentions inhumaines ...
Deux femmes et trois enfants: mariées à des Tchétchènes, ayant fuit le Daghestan après avoir subi pressions et violences de la police et des wahhabites. Après une longue et éprouvante traversée de l'Europe, elles se sont retrouvées parquées dans un camp en Pologne où leurs empreintes digitales ont été relevées. Etant parvenues à quitter la Pologne pour la France « pays des droits de l'homme » pour y faire une demande d'asile , elles se sont vues refuser la possibilité de déposer leur demande par la Préfecture d'Angers qui veut les renvoyer en Pologne, pays par lequel elles sont entrées en Europe, fichier EURODAC à l'appui .
Sachant que la Pologne n'accorde l'asile qu'à 5% des demandeurs, il est à craindre que ces deux femmes et trois enfants soient envoyées à la mort si la France ne leur accorde pas l'asile.
Ces personnes sont traumatisées, affaiblies, une des femmes et une fillette sont malades ...elles toussent beaucoup... nous avons pu le constater cette nuit !
Il s'agit bien d'un « traitement inhumain et dégradant » contraire à l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme .
La commission nationale de déontologie de la sécurité demande dans son rapport 2008, l'interdiction de la rétention d'enfants .
Nous continuons à nous mobiliser et à soutenir ces réfugiées pour qu'elles soient libérées et puissent déposer une demande d'asile qui devrait leur être attribuée compte tenu de leur histoire tragique!!

Des prisonniers du CRA de Rennes (photo LKN)

Nicole Kiil-Nielsen devant le CRA (photo LKN)
CRA de Rennes : une mobilisation efficace!
Ce Jeudi 7 Mai , veille d'un long week-end, nous avons été informés à 17h que les deux mères tchétchènes et leurs trois enfants seraient présentés à 18h au JLD ( Juge des libertés et de la détention) .
Nous étions une vingtaine présents à l'audience . Après avoir écouté les arguments "ignobles" du représentant de la préfecture , ce furent deux longues heures d'un interminable délibéré pour ces femmes épuisées qui avaient refusé de s'alimenter depuis quelques jours .A 22h30 , la bonne nouvelle est tombée :le juge ne prolonge pas la détention .Une demi-heure plus tard, le procureur déclare ne pas faire appel de la décision. Vive émotion et soulagement pour les enfants,leurs mères et nous tous . Une forte mobilisation , légitime et victorieuse. Il n'en reste pas moins que ces personnes viennent s'ajouter à la longue liste des "clandestins" qui vivent sur le territoire . Elles ont pu rejoindre des membres de la communauté tchétchène installés dans la région.
Nicole Kiil-Nielsen
Rennes : une histoire parmi tant d'autres
Ou pourquoi ne pas économiser son énergie... militante !
Wenqiu Chen, arrêté à Nantes et en rétention à Rennes depuis le 29 avril, était sur le point d’être expulsé vers la Chine ce matin. Une place était prévue dans le vol pour Pékin ce dimanche 31 mai à 13h40 au départ de Roissy. Wenqiu Chen vit en France depuis 2003 avec sa femme, leurs 2 filles, Peilei CHEN (née en 1985) et mère d' un enfant né en France (dont le compagnon est en situation régulière), Lizhen CHEN (née en 1988), et leur fils Lijie CHEN (né en 1991, scolarisé depuis son arrivée en France . Madame a une soeur, un beau-frère et un neveu en situation régulière. Les 2 parents travaillent depuis leur arrivée.
Le T.A. de Rennes a confirmé l’APRF, au motif que M. CHEN n’avait pas entrepris de démarches de régularisation. Or, après un premier refus de l’ofpra, n’ayant pu obtenir une aide juridictionnelle pour poursuivre leurs démarches, la famille n'a plus entrepris de démarches auprès de la préfecture, convaincue, en toute bonne foi, qu'ils ne comptabilisaient pas encore assez d'années de présence en France pour obtenir un titre de séjour. Il est impensable pour M. Chen de repartir en Chine en laissant seuls sa femme, ses enfants et petit-enfant derrière lui.
Nous étions une vingtaine de militants ce matin à 5h devant le Centre de Rétention afin d'encourager Wenqiu qui avait décidé de refuser cette expulsion. Nous avons pu exiger qu'un interprète vienne traduire sa décision au responsable du Centre , ce qui fut fait vers 9h 30 : Wenqiu a été mis en garde à vue et sera déféré devant le juge ultérieurement...
Un peu de répit donc... la mobilisation continue !
Nicole Kiil-Nielsen, le 31 mai 2009
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