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Francis Lalanne, portrait d’un éco tartuffe de droite !
15 05 09
On connaissait Francis Lalanne le poète, le chanteur, Francis le romancier, l’acteur moitié Don Juan, moitié Don Quichotte, Francis le producteur, l’artiste omniscient, les cheveux longs et le regard pur. Francis le véritable dieu vivant. Voici maintenant depuis quelques temps déjà venir pour nous, tout droit descendu des éthers par avion et nous délivrer du totalitarisme sarkoziste et de la pollution, Francis le politique bon et miséricordieux. Apôtre de l’apocalypse fin prêt à nous ouvrir les voies lumineuses de la démocratie. Retour donc, à l’aube des européennes, sur les récentes déclarations politiques de ce 1/7milliardième d’humanité qui à force de se croire seul petit prince sur sa planète, semble étrangement nourrir en lui ce syndrome que Saint Exupéry aurait pu appeler « le syndrome du baobab ».

 

A bâbord, quand Francis passe, la France se lisse…

Lorsque dans un pays comme la France, avec la radicalité croissante du clivage droite-gauche que l’on connait aujourd’hui on ne cesse de répéter à longueurs de passages devant les caméras que l’on a eu pour mentor Léo Ferré et qu’on se déclare « citoyen du monde », c’est dire si non seulement on se déclare de gauche, mais encore bien bien à gauche, à l’extrême de l’extrême gauche, de ceux qui ne sont pas un sur cent mais qui pourtant existent : les anarchistes. Dans l’inconscient collectif des peuples, à tort ou à raison, certaines caricatures sont récurrentes et trois mots bien placés suffisent parfois à déclarer une identité politique, sans que vous n’ayez à vous étaler dans de longs discours. Par exemple, tenez ! Rasez-vous le crâne et arborez en pendentif une croix gammée. Vous serez tout de suite catalogué de nazi. Même si vous êtes en chimio et que la fameuse croix en forme de svastika que vous portez autour du cou vous a été offerte par un bouddhiste chinois pour qui elle représente l’éternité. C’est comme cela, les gens jugent à la première impression et vous risquez de vous prendre si ce n’est des coups de poings dans la figure, des saluts nazis. Alors là, pensez ! Un type ami des rappeurs qui se ramène sur les plateaux TV avec ses cheveux long, son cuir, sa poésie enflammée et sa guitare, sort un livre « anti-sarko », part dans de grandes tirades passionnées sur la démocratie, qui plus est se reconnaît de Léo Ferré et se présente comme candidat écolo en tant que tête de liste aux européennes en promettant de « mettre le bordel » et d’offrir son salaire à des associations caritatives s’il est élu, si ce n’est pas un personnage farouchement encré à gauche… alors que « dieu m’émascule, si possible au laser ça fait moins mal » aurait dit Desproges qui lui avait commencé comme chroniqueur à Minute, mais qu’avant on me dise ce que c’est !

Francis Lalanne pour tout vous dire, est né à Bayonne d’une mère née en Uruguay et d’un père fonctionnaire des Nations Unies, dans une famille cosmopolite. Il n’a que 10 ans en mai 1968. Bilingue français-espagnol (si señor !), il suit des cours d’art dramatique au conservatoire de Marseille et chante avec ses 3 frères – je ne l’invente pas ! – dans les lycées, les universités et les MJC des environs sous le nom de « Bibi Folk » (yes, sir !). A 18 ans, le Bac en poche, il monte à Paname pour s’inscrire aux cours de lettres modernes de la Sorbonne et part chanter dans les asiles et les prisons. Il sort en 1979 son premier titre « rentre chez toi », dont l’album sera diffusé par Jean-Louis Foulquier sur France Inter, le propulsant vers le succès et la carrière que nous lui connaissons. Néanmoins, le papillon qui s’était abstenu jusque là de sortir de la chrysalide de sa conscience politique, finit par prendre son envol par la parution de deux livres qui se démarquent totalement du reste de ses œuvres en prenant clairement position sur ses attentes et en témoignant clairement ses opinions.

2007 est l’année du réveil. Francis s’indigne et prend à bras le corps les deux problèmes qui touchent le plus les français sur le moment : la guerre civile au Darfour et la pollution. Il compose deux chansons : « Des casques bleus pour le Darfour » et « Dépolluer la planète », fonde l’association Apassassa, envoie un courrier au président de la république de tenir ses engagements lors du meeting « Urgence Darfour ». Soudain, l’artiste dont on connaît la spontanéité et que l’on ne saurait par conséquent accuser de préméditation, annonce sa candidature aux élections législatives de juin 2007 dans la deuxième circonscription du Bas-Rhin au côté d’Antoine Waechter, ex porte parole des Verts et qui les a quitté en 1994 après que ceux-ci aient décidé de définitivement s’encrer à gauche. Francis obtient 3,51 % des voix.

Ses chansons n’ont visiblement pas été suffisantes pour le crédibiliser et conquérir l’électorat écologiste. Qu’à cela ne tienne, notre poète va écrire pas moins de deux livres. Nous sommes alors déjà en 2008, c’est-à-dire ni plus ni moins que l’année dernière, à l’aube des européennes. Toujours avec cette spontanéité et cette innocence qu’on lui connaît, Francis semble découvrir l’urgence écologique dans un premier ouvrage politique intitulé « Planète mère, Mère patrie ». La gauche de Ferré y appréciera à sa juste mesure la défense de la « Mère Patrie » et la découverte des crises sociales, diplomatiques et économiques qu’ils vivent au quotidien. Les écologistes seront heureux de voir Francis l’année où il fête son demi siècle, prendre conscience de l’urgence et des combats écologiques qu’ils mènent depuis plus de 30 ans.

Enfin, cette année, Francis semble découvrir les atteintes graves et inquiétantes de Nicolas Sarkozy à la démocratie et dans un deuxième ouvrage intitulé « Mise en demeure au président de la République », s’envole une nouvelle fois dans un pamphlet lyrique sagement anti-sarkoziste, pointant mollement son doigt accusateur en assenant des vérités révélées et de bon ton. Un ramassis de lieux communs et de secrets de polichinelles que le premier venu peut lire dans une presse bien pensante et prétendument de gauche.

Ainsi, l’artiste devenu « Monsieur Francis » chez Cauet suite à son magnifique slam « insane », tape à bras raccourcis sur le gouvernement de Nicolas Sarkozy et le P.S qu’il dit, et l’on ne saurait lui donner tord, à bout de souffle. Mais il ne s’arrête pas là…

Aussi, tant il est vrai que personne, même Francis Lalanne, ne peut échapper à cette règle universelle qui fait que l’habit ne fait pas le moine, la guitare, l’anarchiste et l’arrosoir l’écologiste… la fibre écolo, venue tardivement ou non, ou l’anti-sarkozisme ne font pas de vous forcément une personne de gauche. Et lorsque les présentateurs comme Karl Zéro lui demandent pourquoi il n’a pas rejoint la liste du rassemblement Europe Ecologie de Dany l’enfant chéri de la gauche soixante-huitarde, Cohn-Bendit et José Bové, la figure mythique de l’alter mondialisme français, recordman du monde de la lutte anti-malbouffe et du fauchage de plants OGM, savez-vous ce que répond notre Francis national ? Et bien je vous le donne en mille tellement ça vaut son pesant de cacahuètes transgéniques : que ce rassemblement serait pratiquement exclusivement composé de Verts qui n’aurait toujours selon lui pas voulu jouer le jeu de l’unification des écologistes, que les quelques associatifs qui y sont n’y sont qu’à titre individuels, que ceux-ci ne sont pas indépendants, qu’ils sont aliénés au P.S… pire ! Je le cite, que les Verts « ne sont pas des écologistes » ! Une personnalité du monde de la chanson encrée à l’extrême gauche dans l’esprit des français, se réclamant écologiste, et tirant à boulets rouges sur les Verts, fallait oser ! Le P.S et la droite en avait rêvé… Francis l’a fait !

A tribord : quand Francis se hisse, la France se lasse…

Francis, on l’aura compris, n’a pas rejoint le rassemblement Europe Ecologie, parce que pas assez indépendant, pas assez écolo, pas assez rassembleur, bref… pas assez bien pour le roi Francis. Bon, mais alors pour qui ? Car, leçons droits-de-l’hommistes et écologie de salons aux heures de grandes écoutes mises à part, la question dans un engagement politique n’est pas vraiment qui n’a pas votre préférence, mais plutôt qui par ses idées, qui par ses actes, recueille toute votre sympathie et vous donne envie de vous engager… Et pour cela le cas de Francis est un cas d’école ! De la pure anthologie ! De la qualité de ses disques, jugez plutôt par vous même…

En fait, Francis Lalanne a rejoint le MEI d’Antoine Waechter. Antoine qui avait quitté les Verts en 1994 après la décision de ceux-ci ayant surfé longtemps sur le « ni droite, ni gauche », aient décidé de s’encrer à gauche. Il fonde le Mouvement Ecologiste Indépendant qui aura ceci d’indépendant qu’au lieu d’être un parti « ni de droite, ni de gauche », deviendra un parti qui selon l’occasion, s’occtroiera le droit de s’allier « à droite comme à gauche ». A l’aube des élections présidentielles de 2007, il appelle à voter pour le parti centre droite du Modem nouvellement créé par François Bayrou. Mais comme François, ardent défenseur d’une Europe Chrétienne, est aussi pour le nucléaire, grand mal lui en a pris puisque le MEI verra partir des centaines de militants, prouvant de ce fait que l’on peut être de droite et écolo, mais pas vraiment écolo et être pro nucléaire. Francis lui, semble se trouver parfaitement à son aise aux côtés d’Antoine puisqu’il y reste et recidivise.

Après ses 3.51% aux législatives de juin 2007, Francis se présente aux municipales de Montauban en 2008 sur la liste « indépendante » Montauban Autrement de Sylve Soulie contre la liste de rassemblement de la gauche des Verts, du MRG et du PS de Claude Mouchard. La liste de Francis fera le plus mauvais score avec 5.45% des voix contre 43.84% pour celle de Claude Mouchard et 43.83% celle de Brigitte Barèges de l’UMP. Il est évident que si le « mentor » de Léo Ferré avait voulu voir progresser l’écologie, gagner la gauche, et voir la défaite du parti présidentiel, sa liste se serait alliée au rassemblement des gauches auxquels appartenait les Verts. Ou encore celui de la liste Montauban Citoyenne de Marie-Claude Bouyssi, clairement marquée extrême gauche, ayant rejeté comme Francis se plait à le hurler « fermement le projet de constitution européenne comme 55% des français », se réclamant « franchement citoyens, franchement à gauche », « dans le respect de la diversité » et composée de politiques et d’associatifs. Le choix ne manque pas… Que nenni ! Non seulement Francis le grand pourfendeur de Sarkozy ne s’allie pas aux listes de gauche les plus crédibles, mais de surcroît, la liste à laquelle il appartient, en décidant de ne pas faire de fusion au second tour avec la nouvelle liste Changeons Montauban du rassemblement des listes de gauche, des associatifs et des écologistes, il contribuera à faire gagner l’UMP qui triomphera de justesse à 50,31% des voix contre 49,69% et obtiendra 34 élus contre 11 à l’opposition. Pour Montauban en tout cas, ville de plus de 50 000 habitants, Nicolas Sarkozy pourra dire merci à Francis !

En fait, à l’approche des Européennes, le MEI d’Antoine Waechter va se tourner préalablement vers le Rassemblement Europe Ecologie initié par Daniel Cohn Bendit et José Bové sur la base que des dernières élections législatives, « où les Verts ont réuni 63 % du vote écologiste et le MEI 37 % » selon le parti dans son communiqué du 16 novembre 2008. Chiffres dont nous sommes en droit de douter, puisqu’ils ignorent totalement l’électorat des altermondialistes d’Attac et autres partisans de José Bové ou celui des sympathisants de Corine Lepage, dont le parti Cap 21 vient alors de faire fusion avec le MODEM de François Bayrou. Mais Antoine et Francis ayant les yeux et l’égo plus gros que le ventre voulant être respectivement têtes de listes dans l’Est et le Sud-ouest refusent la proposition des Verts et associatifs du Rassemblement Europe Ecologie leurs proposant l’Euro région du Centre où la barre d’éligibilité est à 10%. Il est vrai qu’il n’existe que 8 euro régions et que seulement 78 eurodéputés seront élus à l’issue des élections parmi les têtes de liste. Il faut donc en effet encore pouvoir placer nombre de personnalités du monde de l’écologie politique comme Yanick Jadot de Green Peace, Sandrine Bélier de France Nature Environnement, José Bové, Michèle Rivasi, Hélène Flautre, Harry Duhamel et Jean-Paul Besset de la Fondation Nicolas Hulot. Soit 5 têtes de listes vertes et 3 associatives. Ce qui peut paraître beaucoup, mais proportionnellement peu si on se réfère au poids historique des Verts et la place qu’ils occupent aujourd’hui au sein dans le paysage de l’écologie politique. La Wonder Woman de la magistrature française par exemple, Eva Joly qui avait faite incarcérer Loïk Le Floch-Prigent lors de l’affaire Elf, se contentera elle fort bien de la deuxième place derrière Daniel Cohn Bendit et sa liste devra donc elle aussi atteindre 10% des suffrages pour qu’elle soit élue au Parlement Européen. Et déjà, au Parlement Européen, pour combattre les paradis fiscaux, mieux vaut une juge qu’un poète, non ? Néanmoins mécontents et c’est leurs droits, Antoine et Francis vont faire la fine bouche et décider de dédaigner le rassemblement des écologistes pour en créer un autre. Au risque de diviser les voix des écologistes, et donc, minimiser les chances de ces derniers d’avoir un maximum de députés au Parlement Européen. Soit, mais alors qui se trouve être dans ce nouveau rassemblement écolo auquel fait partie le MEI d’Antoine Waechter ? Dis-nous Francis quels sont tes petits camarades de jeu, cela nous permettrait peut-être de savoir enfin pour qui tu roules ?

In fine, le MEI de Francis va rejoindre le groupement Alliance Ecologiste Indépendante (AEI) qui compte aussi en son sein Génération Ecologie (GE) et La France En Action (FEA) dont l’écologiste le plus connu se trouve être l’acteur Bernard Menez. Génération Ecologie et la France En Action, késako ? (Notez que si l’idée de voir Bernard Menez occuper un poste officiel peut faire sourire, il est fort à parier qu’elle ne fasse pas sourire longtemps si l’idée se concrétisait…)

Il est tout d’abord important de savoir pour comprendre l’orientation du parti, d’ordre général du rassemblement, que Génération Ecologie a été fondé en 1990 par Brice Lalonde et Jean Louis Borloo, aujourd’hui président du Parti Radical et vice-président de l’UMP, à l’initiative de François Mitterrand pour briser un possible succès des Verts aux régionales de 1992. Aux élections législatives de 1993 qui voient la victoire de la droite et l’échec de l’entente entre les Verts et son parti, Brice et GE virent définitivement à tribord. Brice devient alors un proche d’Alain Madelin. Il est intéressant de noter qu’Alain Madelin était membre du mouvement d’extrême droite Occident et a commencé sa carrière auquel a appartenu Patrick Devedjian, conseiller politique de Nicolas Sarkozy durant les présidentielles. Alain a commencé sa carrière aux Républicains Indépendants de Valéry Giscard-D’Estaing après avoir commis plusieurs actes de violences qui l’ont mené à une condamnation le 12 juillet 1967 avec douze autres militants d’extrême droite pour « violence et voies de fait avec armes et préméditation ». Ainsi Brice Lalonde associera en 1998 son parti à Démocratie Libérale et sera élu sur une liste d’union UDF-RPR-GE dans le département d’Ille-et-Vilaine. Un tournant de Génération Ecologie à droite qui provoquera le départ de nombre de militants de gauche dont Noèl Mamère. Brice n’obtenant pas par deux fois assez de parrainages pour les présidentielles de 1995 et 2002, il appellera à voter Jacques Chirac en 1995 et se retira de la présidence de Génération Ecologie en 2002. A partir de cette date, c’est France Gamerre, qui participa à la création de l’UDF aux côtés de Valéry Giscard d’Estaing, qui est élue présidente jusqu’en 2008. Depuis, le nouveau président de GE est Jean Noël Debroise, responsable de la stratégie produits et développement durable du secteur ferroviaire d’Alstom. Alstom qui pour son rapprochement croissant avec Areva, est comment vous dire ça ? Un peu à l’écologie ce que Marc Dutrou est aux petits chanteurs à la croix de bois… l’antéchrist en personne !

Le troisième mouvement politique de l’Alliance Ecologiste au sein de laquelle se présente Francis Lalanne, la France en Action, a été fondée en 2002 par Jean-Marc Governatori, après que celui-ci ai fait un bref passage à l’UDF et vendu les entreprises qu’il dirigeait. Le 7 juin 2007, soit 3 jours avant le premier tour des Législatives, Georges Fenech, président de la commission d’enquête parlementaire fait savoir par une dépêche AFP que la France En Action est reliée à des sectes comme la Scientologie, le Mouvement raëlien, la secte Moon, la kinésiologie, Krishna, ou l’Ordre du Temple Solaire. Selon ce dernier, le parti se servirait du « financement des partis politiques à l’occasion des élections », profitant de ce que les partis ayant obtenus au moins 1% des suffrages dans 50 circonscriptions reçoivent en moyenne 1,66 euro par vote en leur faveur. Jean-Marc Governatori dément et compte pour diffamation « réclamer 10 millions d’euros par voie judiciaire ». Et le 20 novembre 2008, selon une dépêche AFP, non seulement la 17ème chambre correctionnelle vient de relaxer Georges Fenech, mais elle condamne trois candidats de la France En Action, Christian Cotten, Thierry Becourt et Smaïn Bedrouni, qui avaient assigné le député devant le TGI pour diffamation et injure à lui verser « un euro symbolique pour procédure abusive ». Les magistrats ayant considéré que « une telle témérité apparaît caractérisée dès lors que les débats ont montré que les parties poursuivantes reconnaissaient certains liens ou rapports avec des organisations à caractère sectaire ». Si pour la petite histoire le parti pour avoir fait moins d’1% au national n’a pas été remboursé, et que la présomption d’innocence primant heureusement dans le droit français les prétendues liaisons troubles du parti avec les différentes sectes suscités n’aient jusque là pas été éclaircie et portés à la connaissance du peuple, nous sommes par ailleurs en droit de nous demander quel autre intérêt avait alors Georges Fenech, à la veille du premier tour des Législatives, à prendre le risque d’être poursuivi pour diffamation ? Si ce n’est, au fond, la simple peur de l’UMP de se voir prendre quelques voix par un parti écologiste clairement encré à droite ?

Francis Lalanne ou l’écologie pour les nuls ?

Dans la poésie comme dans la politique, il y a les mots et il y a les actes. Néanmoins, la politique a cela de différent avec la poésie, c’est qu’en politique, contrairement à la poésie, les actes, pour le peuple, comptent plus que les mots. C’est là encore une autre règle universelle et qui se vérifie en particulier d’autant plus lorsqu’on a comme Francis choisit ces deux nobles causes que sont l’écologie et la défense des droits humains.

En écologie, il n’est de petits combats, et bien fol et condescendant celui qui s’attribuerait, on peut d’ailleurs se demander de quel droit, une quelconque légitimité, un quelconque monopole de la fibre écologiste. Néanmoins, s’il appartient à tout à chacun d’avoir une sensibilité écologiste intrinsèque à la nature de l’homme, en revanche lors d’élections, on ne peut que conseiller l’électeur à faire preuve d’une extrême vigilance dans le choix de ses candidats. De s’intéresser non seulement à leurs idées, mais aussi à leurs expériences et à leurs capacité à prévoir et à résoudre les crises à venir. Or, sur ce terrain là, force est de constater qu’à part avoir sorti sa guitare quand ses copains grimpaient comme des singes dans les arbres pour sauver les bois de la Bagasse en 2004, les combats de Francis pour l’écologie ne sont pas ce que son nom nous évoque en premier à l’esprit. Et que bon, dans le texte, sur un plan politique, philosophique, on ne peut pas dire que Francis Lalanne ait inventé la bombe à pulvériser Monsanto… ce n’est pas René Dumont quand même ! Quand il nous parle d’Hadopi, ce n’est pas Noam Chomsky non plus ! Et s’il faut le comparer aux candidats d’Europe Ecologie, que l’ego surdimensionné de Francis souffre que dans le combat pour le logement étudiant, ce n’est pas Karima Delli ! Contre le fric, ce n’est pas Eva Joly ! Contre le maïs OGM ce n’est pas José Bové ! Pour l’écologie, ce n’est pas Sandrine Bélier de France Nature Environnement ou Yannick Jadot de Green Peace… la liste est longue…

En matière de démocratie et de droits humains, c’est à peu près le même constat, personne n’a le « monopole du cœur » et n’importe quelle personne censée, même de gauche, préfèrera, et de loin, Chirac à Staline. On ne peut malheureusement pas non plus dire que la droite ait le monopole du racisme et de l’anti-communautarisme. Pourtant il y a bien un petit quelque chose qui définit un véritable parti de gauche et le l’oppose littéralement à la droite. Ce petit quelque chose, c’est le partage des richesses. On a en effet jamais vu la droite prôner le partage des richesses, prendre aux riches pour donner aux pauvres, et faire l’apologie de la décroissance. C’est en cela qu’une vraie gauche s’inscrit et l’oppose de fait au libéralisme de la droite. La volonté d’un partage des richesses, si elle n’ira pas jusqu’à mettre de la bière au frigo messieurs et vous faire votre manucure mesdames, résulte en son sein la solution à bien des problèmes. Le capitalisme dans son but de faire du profit cout que cout s’oppose à la logique de préservation des environnements écologiques et sociaux.

Francis, au fond, derrière sa spontanéité calculée et son innocence fausse, il pourrait faire penser au Petit Prince d’Antoine de Saint Exupéry, à se croire seul sur la planète à lutter contre les baobabs. Que l’artiste et le grand poète qu’il est prenne conscience, même sur le tard, de la crise écologique, qu’il s’élève contre Hadopi, ou les dérives anti-démocratiques du président de la République, en se servant de sa notoriété pour faire avancer l’écologie, même avec des analyses que tout le monde a lu partout ailleurs, on ne peut que trouver cela bien. Mais qu’un homme qui aie décidé de s’engager en politique dans un but prétendument humaniste et écologique se permette de donner des leçons à des femmes et des hommes dont nombreux se sont retrouvés jusqu’au simple militant Vert de base, un jour en garde à vue pour délit de solidarité, il y a de quoi tousser. Donner des leçons d’écologie à un rassemblement qui compte des personnalités comme José Bové qui ont parfois payé de prison ferme leur engagement citoyen, ou comme Eva Joly qui a eu à craindre pour sa propre vie, il faut reconnaître que cela est quand même quelque peu gonflé ! Accuser les Verts qui partent en en union avec des associatifs d’être la caution écolo du PS quand on se fait caution de partis clairement encré à droite, fallait aussi oser ! Reprocher à des associatifs de partir en leurs simple noms, et prêcher par ailleurs l’indépendance, c’est pas mal non plus ! Se réclamer de gauche, taper contre Sarkozy, et faire gagner l’UMP au municipales par son manque d’engagement, voilà encore une réussite ! Au fond, pourquoi Francis ne nous dit-il tout simplement qu’il est un opportuniste de gauche surfant sur la vague anti-Sarkozy et servant de caution à un rassemblement de partis de droite en recherche de respectabilité et de crédibilité au risque de perdre les siennes ? Au risquePeut-être que comme le chantait Ferré, « avec le temps va, tout s’en va ». Qu’avec le fil des années qui passent et poivrent de sel les cheveux et rendent les idées grises, Francis a fini par devenir ce qu’il méprisait le plus au monde sur le plateau d’avis de recherche en 1990 face à Patrick Sabatier… un rond de cuir !

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Article très intéressant, bien documenté, bravo à l'auteur !

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C'est quoi la source de cet article ?
Jérôme

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