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16 02 09
La priorité affichée de réduire la consommation d'énergie afin de limiter le réchauffement climatique ne dispose pas de moyens à la hauteur de son ambition.
Avec l'instauration d'une contribution climat-énergie européenne, nous proposons de combler cet écart entre les mots - le "plus grand défi planétaire du siècle" – et les actes.
Il s'agit d'établir une taxe fiscale européenne sur la consommation d'énergie, conçue sur le modèle de la TIPP, et de l'appliquer à la consommation de pétrole, de gaz, de charbon et d'électricité d'origine non renouvelable. Elle sera destinée à tous les acteurs économiques : entreprises (à l'exception de celles déjà soumises au marché des quotas ), administrations, collectivités territoriales et ménages.
Cette taxe se traduira par un renchérissement régulier et programmé du prix de l'énergie d'origine fossile et non renouvelable afin d'inciter et d'accompagner la baisse des consommations. Son effet sera compensé, notamment pour les ménages et entreprises les plus fragiles.
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Il faut explicitement nommer le nucléaire comme énergie non-renouvelable. La confusion est présente chez beaucoup de nos concitoyens.
Amitiés
Sébastien Guyon
jcm
Je rejoins Florent et Geneviève pour souhaiter un prix progressif des resources vitales (eau, énergie) : m3 et kW.h d'autant plus chers qu'on en consomme (ce qui est inverse des statégies commerciales actuelles des fournisseurs).
Je souhaiterais que dans cette proposition le nucléaire soit clairement reconnu non renouvelable car il l'est encore bien moins que les combustibles fossiles.
Dumas François Avranches
Je pense aussi que l'énergie nucléaire doit être nommée explicitement dans le dispositif incitatif aux économies d'énergies.
Les gens pensent en général que le salut viendra d'une généralisation l'usage de l'électricité comme énergie de substitution aux énergies fossiles.
L'opposition simpliste carbone/non carbone est abondamment mise en avant par le lobby nucléaire ce qui permet de faire croire que la production massive d'électicité nucléaire (avec un peu de ENR) nous permettrait de conserver notre mode de consommation fondé sur le gaspillage. (et roule ma poule en voiture électrique !)
Si les ENR ne servent qu'à rajouter de la production à la sur surproduction, on n'aura pas avancé, et un scénario énergétique qui ne comporte pas un énergique plan d'économies d'énergies et d'efficacité énergétique sera toujours fortement producteur de GES.
C'est pas facile de mettre en avant une telle problématique sans suggérer des idées de décroissance et de rationnement qui font peur, surtout en cette période de crise.
Or il s'agit de mettre cela en perspective avec le fameux "New Deal" qui est un choix positif de société qui tourne le dos à la dictature de la consommation et du "travailler plus pour gagner plus".
dans la mesure où un riche consomme davantage de ressource qu'un pauvre, la redistribution égalitaire des recettes d'une taxe (même proportionnelle) bénéficiera toujours aux plus pauvres. sans parler du fait que la taxation du revenu est plus efficace pour limiter les disparités de revenu.la progressivité du barême nuit à l'efficacité ou/et à la vie privée puisque sa mise en oeuvre nécessiterait de l'information (qu'il faut produire et qui a donc un coût) et un contrôle de l'Etat sur la vie privée des individus. ça sent l'usine à gaz. l'efficacité économique et l'équité sociale plutôt que le dogme du "si le barême est progressif, c'est forcément mieux" ;-)
Une contribution climat-énergie pour protéger le climat et réduire les inégalités
La priorité affichée de réduire la consommation d'énergie afin de limiter le réchauffement climatique ne dispose pas de moyens à la hauteur de son ambition. Malgré toutes les actions engagées, la consommation de charbon, de pétrole et de gaz naturel poursuit sa progression. En conséquence, les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître et les réserves pétrolières et gazières de s'épuiser.
Avec l'instauration d'une contribution climat-énergie européenne, nous proposons de combler cet écart entre les mots - le "plus grand défi planètaire du siècle" - et les actes - des mesures partielles, sectorielles et ponctuelles -.
Cette contribution prendra la forme d'une taxe fiscale prélevée sur la consommation d'énergies fossiles et non renouvelables, qui sera intégralement affectée et redistribuée. Elle deviendra l'outil majeur des politiques d'économie d'énergie et de lutte contre le réchauffement climatique tout en agissant socialement comme un instrument de redistribution.
Descriptif de la mesure
Il s'agit d'établir une taxe fiscale européenne sur la consommation d'énergie, conçue sur le modèle de la TIPP, et de l'appliquer à la consommation de pétrole, de gaz, de charbon et d'électricité d'origine non renouvelable. Elle sera destinée à tous les acteurs économiques : entreprises, administrations, collectivités territoriales et ménages.
Cette taxe se traduira par un renchérissement régulier et programmé du prix de l'énergie d'origine fossile et non renouvelable afin d'agir sur la demande et de provoquer la baisse de la consommation, tout en encourageant la montée en puissance des énergies renouvelables et des innovations économes. L'échelle de sa tarification sera différenciée selon la nocivité climatique des combustibles.
Elle s'appliquera progressivement et de manière continue à tous les acteurs économiques jusqu'à ce que l'objectif d'une réduction par quatre des émissions de gaz à effet de serre soit atteint.
Elle sera intégralement affectée et redistribuée. Elle ne constitue donc pas un nouvel impôt. Son produit sera reversé intégralement aux ménages, sous la forme d'une allocation universelle égale pour tous (chèque versé par l'administration fiscale tous les mois ou tous les ans). Le citoyen recevra ce que paye le consommateur.
La contribution des entreprises (à l'exception de celles déjà soumises au marché des quotas qui ne peuvent pas être pénalisées deux fois) sera compensée par une réduction équivalente de leurs charges sur le travail. Les sommes prélevées sur la part énergétique de l'activité de l'entreprise seront redistribuées sous forme de baisse équivalente du montant des cotisations patronales. Cette baisse du coût du travail s'avèrera par ailleurs bénéfique pour l'emploi. L'incitation des entreprises à économiser la main d'oeuvre sera remplacée par l'incitation à économiser l'énergie
Objectifs
La contribution climat-énergie a pour objectif de devenir un outil structurel suffisamment puissant pour :
- intégrer la contrainte énergétique et climatique en la faisant apparaître dans les prix
- inciter aux économies d'énergie, favoriser la sobriété et organiser durablement la réduction de la consommation
- encourager la modification des comportements et des investissements de tous les acteurs économiques
- préparer la société au choc de la rareté du pétrole et du gaz en anticipant la conversion énergétique de l'économie avant que celle-ci ne soit brutalement imposée par le marché
Un double avantage
En donnant un coût au carbone et à l'électricité d'origine non renouvelable, la contribution climat-énergie présente un double avantage :
- elle offre un signal prix simple et direct afin de provoquer la baisse de la consommation énergétique, encourager la sobriété des comportements et la reconversion des investissements ; elle permettra ainsi de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre pour éviter une crise climatique catastrophique ;
- en même temps, grâce à la redistribution de l'intégralité de sa collecte, elle fournit un instrument d'équité sociale pour amortir la hausse inévitable du coût de l'énergie; en effet les ménages modestes sont moins consommateurs d'énergie que les ménages aisés, du fait de leur niveau de vie ; ils bénéficieront donc d'une allocation supérieure à ce qu'ils ont acquitté par la taxe. Il en ira de même pour ceux qui ont fait l'effort de réduire leur consommation.
Un plus social
Un tel mécanisme de fiscalité permettra de diminuer l'impact de la consommation énergétique sur la planète tout en provoquant un effet redistributif. Il augmentera en effet le pouvoir d'achat de ceux qui modèreront volontairement leur consommation ou celui des ménages modestes qui, par la force des choses, dépensent moins d'énergie que les ménages plus aisés. Une personne réduisant son empreinte énergétique plus que la moyenne gagnera donc de l'argent. En revanche ceux qui dépasseront la moyenne de l'empreinte énergétique seront financièrement pénalisés.
Par ailleurs, la hausse fiscale du coût de l'énergie dissuadera le transport longue distance des marchandises. Elle favorisera donc la relocalisation de l'économie et la promotion des produits et des emplois locaux.
En protégeant le climat et en aidant les plus démunis ou les plus vertueux, la contribution climat-énergie permet d'éviter l'ingérable d'un point de vue climatique et de gérer l'inévitable d'un point de vue social.
Une extension possible à tous les produits
Le système d'une fiscalité énergétique peut être étendu, au delà des combustibles fossiles, à l'ensemble des biens et services. Il s'agirait d'attribuer à chaque produit une taxe proportionnelle à sa contribution au changement climatique, selon sa consommation d'énergie fossile ou d'électricité non renouvelable. Cette extension de la fiscalité énergétique à toutes les productions suppose néanmoins un inventaire complexe, produit par produit. Elle ne peut être envisagée que progressivement. La taxation des sources d'énergie peut, elle, être décidée immédiatement et organisée simplement.
Convergences
De plus en plus "d'experts" envisagent favorablement la mise en oeuvre d'une contribution climat-énergie. Les scientifiques du GIEC la recommandent, de nombreux économistes aussi (comme Nicholas Stern ou les experts de l'OCDE), des syndicats (comme la CFDT ou la CGT). Le célèbre climatologue James Hansen (directeur du Goddard Institut for Space Studies de la NASA) a récemment conseillé à Barack Obama de l'appliquer sous sa forme redistributive. Des chefs d'entreprises vont désormais dans le même sens (par exemple, le PDG d'Exxon Mobil, Rex Tillerson, a reconnu qu'"en tant que chef d'entreprise, il est difficile de plaider pour une nouvelle taxe" mais "qu'une taxe carbone serait le moyen le plus efficace pour lutter contre l'effet de serre").
« Contribution » climat-énergie : ne pas dire « taxe », une taxe on ne vous la rend pas, une contribution on vous la prélève puis on vous la redistribue… sous la forme d’une « allocation égale universelle ». Heu ? Je suppose que l’idée n’est pas originale, qu’elle a fait ses preuves ailleurs ? On pourrait peut-être nous en dire un peu plus là dessus car, pour l’instant, elle n’offre pas franchement « un signal prix simple et direct »…
Et oui, il y a un « historique », un « culturel » derrière la notion d’impôt et de taxe : chez nous, on prend ici pour redistribuer ici et là… Bon. Ca c’est clair. Mais pour redistribuer en fonction d’objectifs définis. Là on ne voit pas bien : c’est du billard à bandes, on taxe pour dissuader de consommer, et moins on consomme, plus on reçoit de redistribution (proportionnellement) ? C’est ça ? J’chuis pas sûre…
L’idée de taxe n’est jamais populaire, mais ça il ne faut pas y attacher trop d’importance : faire de la politique (au sens actif, pas discursif) ça n’est pas forcément rechercher la popularité. Ou alors on est « populiste », ce qu’EE n’est pas. Mais au moins il faut arriver à se faire comprendre sans ambiguité sinon la légitimité, la confiance en souffrent. Et parfois « se faire comprendre », ça ne veut pas dire s’expliquer : ça veut dire tracer une route lisible, « compréhensible » au premier coup d’œil, même si ce n’est pas la plus efficace techniquement parlant.
Par ailleurs taxer la consommation de tabac, on vient de le faire, ça fait baisser la consommation mais pas tant que ça, et pas longtemps…
Donc c’est une mesure efficace mais temporaire. Qu’est-ce qui prendra le relais ?
Diminuer la consommation (dans les pays les plus riches), favoriser les énergies sans effet de serre, certes : empêcher les plus pauvres d’augmenter leur niveau de vie en utilisant l’énergie ça me ne me paraît pas humainement jouable. Donc la consommation d’énergie, à l’échelle globale, ne peut qu’augmenter (dans des proportions variables).
Reste à anticiper sur les conséquences inévitables pour trouver des solutions d’adaptation. Pas réjouissant, certes mais les faits son têtus (disait Lénine). Quant à faire de même pour l'ensemble des produits et services ! Bonjour la société du contrôle... Où elle est la planète où émigrer pour y échapper ?
MS
C'est sur que d'un point de vue global... ca ne resoud pas le probleme a therme... la solution tabou, c'est de faire moins d'enfant... mais ca, c'est toucher une fibre si sensbible sous nos climats qu'il faudra qu'on etouffe avant d'y penser....
(allez y, vous pouvez me lyncher, je sais que c'est une idee politiquement trop incorrecte pour la plupart des fora)
Jean-Paul, je te suis sur de nombreux points et je me réjouis que nous intégrions l'idée du chèque énergie-climat. une demande de précision, une interrogation en suspens et une proposition alternative :
pourquoi ne pas taxer les renouvelables ?
- que l'on taxe davantage la consommation de ressources fossiles, c'est justifié parce que l'épuisement de la ressource ET parce que la pollution émise.
- que l'on fasse payer l'électricité nucléaire en intégrant le coût des pollutions nombreuses, le démantèlement des centrales en fin de vie et la gestion des déchets pour les prochains millénaires.. (on va vite se rendre compte que le prix est exorbitant et plus personne ne voudra du nucléaire..)
- MAIS rien ne justifie l'absence de taxation des renouvelables. d'abord parce que la priorité reste la sobriété et les économies d'énergie. ensuite parce que les renouvelables doivent être consommées à un rythme également soutenable. si on sur-consomme le bois disponible, on n'aura pas fondamentalement résolu le problème de la gestion de nos ressources.
- bien entendu, cela n'empêche pas de soutenir la création et le développement des filières renouvelables mais une fois que c'est lancé, on pourrait avoir mieux à faire des fonds publics, comme assurer un revenu d'existence à chacun-e..
Pour simplifier je dirai qu'il y a 2 problèmes "liés" : d'un côté les activités polluantes liés à l'énergie (ou non d'ailleurs) de l'autre côté l'épuisement des ressources...
Avec raison Vincent se demande pourquoi on ne taxerait pas "toutes les énergies" (y compris les énergies issus du renouvelable) dans le but d'accompagner la sobriété et les économies d'énergie...
Une reflexion vient alors à moi : 2 taxes pour 2 problèmes différents mais liés... Une taxe liée à la consommation (et donc à une recherche de la sobriété) , une autre taxe liée à la "pollution engendrée"
Dans les 2 cas je pense qu'il serait judicieux d'utiliser une vieille idée, celle de la taxation par palier (plus on consomme plus le prix à l'unité augmente...) . Sujet qui revient régulièrement pour la défense de la gratuité de l'eau...
je m'explique nous pouvons imaginer 3 types de "prix" : en dessous d'une certaine consommation : gratuit ou peu taxé... au dessus d'une certaine consommation (jugé excessive) : taxé de façon très importante (voir pour certaines ressources : interdiction de dépasser cette consommation ?) . Et entre les 2 la taxe peut augmenter par palier... Pour l'eau (mais on peut imaginer ça pour le pétrole...) : Plus on consomme plus le prix du Litre augmente... la consommation jugée "vitale" étant proche d'un prix de zéro...
Le but dans la proposition 3 étant surtout de s'attaquer aux consommations ayant un impact sur le climat... Nous pourrions bien entendu en rester à une taxation des énergies polluantes Mais il serait interessant de pousser la reflexion sur tout les types de ressources et plus généralement sur la consommation...
Je pense l'idee interessante effectivement, et a developper....
concernant la tarification progressive, j'y suis opposé pour plusieurs raisons :
Qu'entend tu par marche des droits negociables?
La composition des menages est de toute maniere connue pour etablir justement la declaration d'impots, ou pour donner des aides caf,etc... ce ne sont pas des informations particulierement sensibles... de toute maniere.
Ceci dit tu souleves une question interessante. Est il vraiment utile de faire autant de redistribution, quand justement des prix equitables suffiraient a compenser beaucoup d'inegalites? Car prendre de l'argent pour le rendre ailleurs, ca genere des frais, (je ne parle pas des detournements eventuels) alors qu'etablir des prix en fonction du revenu, ca ne demande rien d'autre qu'une bonne organisation...
Je suis d'accord et je découvre avec intérêt l'idée de taxer plus quand on consomme trop et d'y mettre une limite aussi.Dommage que les ménages fassent encore le calcul à cause du budget et non des priorités écologiques. Mais s'il faut en passer par-là... comme pour la cigarette!Il faudra par contre se mettre bien d'accord sur les limites de chaque catégorie pour chaque type d'énergie et surtout pour l'eau. "la consommation jugée "vitale" étant proche d'un prix de zéro..." tout à fait d'accord.