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Sans nature, pas de futur !
23 02 09

PNUE à Nairobi : Pas d’urgence pour la crise de la biodiversité !!!

« Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous ayons mis quelque chose devant pour empêcher de le voir ».

Cette pensée n’est pas celle d’un beatnik catastrophiste, comme pourraient le penser quelques nostalgiques des 30 glorieuses adeptes de la fuite en avant du consumérisme. En ce dimanche pluvieux et gris, je la partage avec Blaise Pascal (Pensées, 1670) pour constater que la crise financière et économique sert d’écran et de prétexte à retarder les chantiers nécessaires à la sauvegarde de la biodiversité, principale assurance-vie de notre monde en mutation.

Les ministres de l'Environnement de 140 pays du monde ont clôturé leur réunion d'une semaine à Nairobi vendredi 20 février. Réunis dans le cadre de l’assemblée générale du PNUE, ils sont tombés d’accord : ok pour parler de la crise de la biodiversité mais plus tard. La mise en place d'une plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (Ipbes) qui pourrait avoir le même statut que le GIEC est reportée aux calanques grecques.

Alors que 39% des espèces vivantes sont sérieusement en danger d’extinction (actuellement 1 espèce disparait toutes les 20 minutes), j’enrage de constater que nos politiques aux manettes du vaisseau « l’Avenir du Monde » se bandent les yeux et relaient au second plan l'érosion de la biodiversité. Il s'agit pourtant d'un enjeu de société majeur, tant pour la réduction de la pauvreté, l'approvisionnement en eau potable, les conflits liés à l'utilisation et à l'appropriation des ressources naturelles, que pour la santé.

La diversité du monde vivant répond aux besoins de la société en alimentation, chauffage (combustibles) vêtements (lin, coton, laine, soie…), soins (plantes médicinales), qualité de l’air et de l’eau, fertilité des sols et éléments nutritifs…. Outre cette valeur d'usage, la biodiversité offre une valeur potentielle, avec la possibilité qu'au sein des millions d'espèces restant à découvrir et à analyser, on trouve le gène ou la molécule susceptible de résoudre un problème actuel ou futur. Elle présente également une valeur sociale et culturelle à travers les activités de loisirs (pêche, tourisme…) ou par le plaisir qu'éprouvent les millions d'observateurs de la nature (ornithologues, entomologistes amateurs).

 

Si les écosystèmes atteignent le point de non-retour, les dégâts seront irréversibles. Dans l’Union européenne, ce déclin se manifeste déjà sous la forme de l’effondrement des stocks halieutiques, de l’appauvrissement des sols, de dégâts dus aux inondations et de la disparition de la vie sauvage.

 

L’Etat d’urgence doit-être déclaré ! C’est maintenant qu’il faut agir et cesser d’exploiter la planète en intégrant la biodiversité dans toutes les politiques sectorielles : infrastructures de transport, urbanisme, agriculture, pêche ; en soutenant de meilleures pratiques agricoles et les initiatives en faveur d’une nouvelle agriculture durable sur le plan économique, social et environnemental ; en modifiant notre politique et notre consommation énergétique ; en lançant un programme mondial de grands travaux de génie écologique consacrés à la préservation, à la restauration et à l'entretien des écosystèmes (sols, mers, pêcheries, fleuves, forêts, prairies, savanes, zones humides, nappes phréatiques, glaciers, littoraux...qui sont autant de biens communs) ; en changeant nos habitudes de consommation…

 

Qu’on se le dise et qu’on se le répète : de la qualité de la biodiversité dépend la qualité de notre vie actuelle et future – l’état de la biodiversité est un miroir de l’état de l’humanité.  Sans Nature, il n’y pas de Futur !

 Sandrine Bélier, le 22 février 2009

Portrait de kata
11120 Ventenac-en-Minervois
Inscrit(e) depuis le 14/01/09

SUPER, en accord parfait avec tout le message.

Il faut sortir la tête du sable et AGIR. Principalement et en toute urgence au niveau des sols (terre arable en très mauvais état), donc suppression de tous les poisons, plantations utiles pour la nourrir, refaire du bocage, des haies, des ceintures vertes et s'occuper de tous nos insectes butineurs.