Mise en débat du programme Europe Ecologie, quel bilan ?

Pourquoi faire ?

Nous tenions à associer les signataires de l'Appel Europe Ecologie à l'élaboration du programme. Considérant qu'il n'est pas sérieux de lancer une élaboration collective à plusieurs milliers, surtout en quelques semaines, nous avons travaillé avec un groupe de travail dédié.

Comment ça s'est passé ?

Bien !  Les 20 propositions d'Europe Ecologie ou « Green Deal » ont été mises en débat du 13 février au 10 mars, soit un peu plus de 4 semaines. Le dispositif de débat comprenait des groupes de discussion attachés à chaque proposition et six questionnaires.

C'est un peu compliqué non ?

Peut être. Certainement plus que de dire à tout le monde, « allez y, écrivez nous ! » et s'asseoir sur les réponses...

Chaque comité local et signataire a été invité à s'emparer des propositions et participer à la consultation.

Quelle participation ?

Malgré le délai un peu court, 610 questionnaires ont été remplis, dont 50 par des comités locaux équivalent à environ 650 personnes. Au total, on peut considérer que près de 1200 personnes ont participé soit plus de 15% des signataires.

Et quels résultats ?

D'abord, le principal enseignement est que nos signataires sont exigeants !
Globalement, le document proposé est jugé un peu trop « techno » et incomplet même si les chapitres sont globalement perçus comme « bien traités ». Nous avons aussi eu beaucoup de propositions de changement dans la structure du document.

Les « manques »

Nous demandions quels étaient les sujets manquants dans chaque thème mais aussi globalement.
La réponse est claire :
1 – Le rôle de l'Europe à l'international tant du point de vue géopolitique que de l'aide au développement.
2 – L'Europe de la Défense.
3 – Les questions des droits sociaux.

Et qu'allez vous faire ?

Et bien, en tenir compte !
Nous allons revoir la structure du document pour mettre plus clairement en avant nos propositions internationales qui étaient dispersées et les compléter.
Le texte sera aussi éclairci et largement renforcé sur les questions sociales avec notamment une proposition de « Bruxelles de l'emploi », larges négociations impliquant syndicats, associations, entreprises, gouvernement  bref, la société européenne, pour lancer la transformation de l'économie  et faire face à la crise.

Quelles priorités vous fixent les signataires ?

Les signataires ont désigné un trio de tête de propositions qui reflète assez bien nos préoccupations à tous !

Proposition 1 : Un pacte écologique et solidaire européen.
Il s'agit que l'Europe remplace son pacte de stabilité et de croissance par un pacte écologiste et solidaire : des critères sociaux et environnementaux à la place des critères financiers.

Proposition 9 : La souveraineté alimentaire, un droit des peuples.
C'est bien évidemment là la question internationale, l'évidente nécessité de laisser les peuples du monde se nourrir de leur agriculture !

Proposition 3 : 10 millions d'emplois verts.
La crise et l'envolée du chômage rendent incontournable la transformation de l'économie. Bâtiments, transports, énergies renouvelables, agriculture, services à la personne : nous parlons là de créations nettes d'emplois durables.

Viennent ensuite les propositions sur l'agriculture biologique, la contribution climat-énergie, le revenu minimum et maximum et la constituante. Il y a eu un débat acharné sur le revenu maximum, autant clarifier : il ne s'agit pas d'interdire mais d'imposer lourdement !

Des propositions incomprises ?

Essentiellement celle que nous avions – probablement maladroitement – appelée OFPRA européen.
Notre idée est d'avoir un organisme chargé du droit d'asile au niveau européen qui puisse veiller au respect des droits.

Pas de proposition rejetée ?

Très peu de réponses dans la synthèse. Quatre en tout. Deux sur la directive retour, deux sur le revenu maximum.

 

La synthèse de la mise en débat - Les données