Nous y sommes, par Fred Vargas
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas















Tout simplement excellent ! (le texte de Fred Vargas)
les enjeux nouveaux de puissance mondiale sont 'd'urgence, incompatibles avec les enjeux nationaux, locaux de pouvoir(s). Europe Ecologie est un espace d'intelligence provisoire peut être, sain certainement, à l'échelle minimale de l'Europe, pour le moin
Jo
on était une bande de "mal appris", on avait 20 ans, il nous semblait qu'avec tout ce qu'on nous "pondait" déjà à l'époque, on ne survivrait pas jusqu'en 2000, date qui nous paraissait loin mais qui nous concernait et concernerait nos enfants, petits enfants. Ceux ci sont malgré tout arrivés. Et rien ne semblait vouloir changer; tout empirait. Etions nous de pauvres ignorants quand on se désespérait de voir des fûts jetés dans la Manche? Bref, les "écolos" de nature étaient de pauvres pessimistes sans ambitions reconnues comme telles. 40 années que j'attends cette "révolution" de la pensée. 40 années que j'espère "l'ère du Verseau", celle qui doit voir l'homme enfin grandi!
C'est long pour être compris!
Alors, l'espoir reviendrait il avec la chute des données réacs?
Je veux y croire
Nous le pouvons, Yes!
Trop forte cette Fred Vargas j'adore sa plume et ses romans
et aujourd'hui en plus j'aime son engagement :)
Ouh, ça cause, ça cause.
Pour répondre à Malcolm. Je ne fais pas de misérabilisme. Il est à peu près établi que nos sociétés contemporains sont si ce n'est en déclin, du moins comme nous "mortelles" et condamnées. On ne leur donne pas plus que la fin du siècle. Donc, comme elles ont elles aussi un temps fini et qu'elles ont échoué à satisfaire les aspirations de l'humanité, on peut légitimement établir aujourd'hui que nos sociétés sont devenues archaïques. Il convient d'en inventer d'autres, et inventer est un bien grand mot : tous les outils nécessaires à l'avénement de cette société nouvelle et humaine, sur fond hélas de grand foutoir environnemental, existent d'ores et déjà, ou ont été pensés, au niveau économique, social, écologique, politique (encore que cette "gestion de la cité" m'apparait complètement... comment dis-tu Malcolm ? Stratosphérique, oui).
Par exemple, comme tu dis, l'agriculture du pétrole. Pourquoi pas, encore que cela risque d'affamer quelques millions de bouches. Mais pourquoi le pétrole, encore le pétrole, toujours le pétrole. D'autres solutions existent en tous les domaines, on ne devrait utiliser le pétrole que dans un domaine vraiment humain et écolo : la santé. Tu connais la voiture à air comprimé de chez MDI ? 130 km/h, une autonomie de 180 km, je crois, un plein coûtant 2 ou 2,50 euros, et pollution zéro. Et le type, Guy Nègre, galère comme un rat mort...
L.R
Il me semble que l'expression "agriculture du pétrole" fait référence à un article paru dans le New York Times sous la plume de Michael Pollan et consacré à la politique agricole des Etats Unis. Cette article explique, en le déplorant, comment l'agriculture américaine (cela vaut sans doute également pour une bonne partie de l'agriculture européenne) en était venue à dépendre presque exclusivement du pétrole. L'auteur, dans ce même document, fait également un certain nombre de propositions intéressantes pour justement passer (ou revenir) à autre chose.
http://www.nytimes.com/2008/10/12/magazine/12policy-t.html
Effectivement, ce «nous» qui jette la nature par les fenêtre depuis des décennies ne représente qu'un quart de l'humanité. C'est d'ailleurs ce même quart qui aujourd'hui, enfin conscient de ses erreurs, réagit et tente de proposer autre chose. Mais, ne perdons pas de vue que ce mode de vie dispendieux et dangereux reste, pour une part importante de l'humanité, un modèle séduisant. Quel discours tenir à ceux qui sont encore à la peine, qu'il s'agisse des habitants des pays pauvres ou des classes les plus défavorisées de nos sociétés occidentales? Comment expliquer qu'il va falloir être plus frugal et que l'opulence qui leur est montrée dans les médias ne sera jamais à leur portée et que par ailleurs, l'ayant testée, nous la leur déconseillons!!!.Difficile...
Le gros du travail à réaliser est bien là. Ce n'est que par l'éducation, la pédagogie, la création d'une économie verte génératrice d'une croissance intelligente, qu'il sera possible d'entraîner le plus grand nombre dans cette 3ème révolution.
J'observe que je gros morceau en matière de travail de conviction, ce ne sont pas les classes défavorisées mais bien les classes moyennes, en particulier celles des pays émergents et même pauvres, prises d'une irrépressible fringale de consommation alors que nous autres commençons seulement à envisager de lever le pied du champignon... Pas évident comme travail...
Encore une révolution, Fred ? Et si nous passions la main, simplement ? Et si nous n'avions simplement qu'à reprendre notre évolution là où nous l'avions laissé (au néolithique) ?
Plus de révolution, une évolution, et voici un texte :
Nous dirons que tout ceci partait d'une bonne intention. Ou nous pourrions le dire, si nous avions eu un jour la moindre intention d'exister. Nous n'existons pas : nous passons. Lentement, de moins en moins lentement mais de plus en plus sûrement, nous passons la main. A qui, à quoi ? Quelle importance. Les traces que nous laisserons ne seront peut-être en définitive que biologiques, nous retournerons à la pierre. Certains pourront peut-être un jour s'intéresser à nos restes, mais nous intéressons-nous à la terre ? Quelles traces laisseront nos civilisations ? Assurément, principalement celles que nous laissons en ces jours, une humanité au bord de l'asphyxie, si tant est qu'elle soit vraiment une humanité, des sociétés chancelantes, des cités engorgées, des conflits pour du pain, pour de l'eau, et pire : des conflits pour rien. Des dieux païens et clinquants, des religions malfaisantes, des chimères de fortune, des idéaux que l'on repousse toujours au lendemain.
L'heure est comptée aux idéaux comme elle est comptée à nos lendemains, à nos civilisations, à nos systèmes. Humainement, la vie que nous vivons est devenue un archaïsme, notre monde, nos choix, nos luttes, notre technologie. C'est le moment d'être optimiste. C'est le moment d'inventer puisqu'il n'y a plus rien à faire, puisque tout ce que nous avons créé jusqu'à ce jour nous a mené à cette impasse, puisque toutes nos réalités n'étaient que des leurres.
Leurre sociétal, enfermés dans des dogmes devenus divinités, leurre économique, produisant jusqu'à des richesses qui n'existent pas, leurre de la foi et de la passion, croyants en des portes qui mènent au divin, leurre humain, nous, les organiques.
D'ici peu, lorsque nous nous serons agglomérés dans d'immenses termitières, lorsque le leurre de la richesse ne nous laissera que des miettes de nourriture, et une eau rance, lorsque notre soif de techniques et d'énergies nous fabriquera des masques à gaz, lorsque la publicité dira "je t'aime" à notre place et nous le facturera, il sera trop tard pour faire marche arrière, pour crever les excroissances systémiques, alors il sera temps, pour l'honneur, d'inventer l'humanité. Nous ferons le chemin en nous-mêmes, et en dehors, et nous verrons que la voie était le but.
Cher Monsieur Roustan
Je crains qu'à l'instar de trop d'intervenants sur ce site vos ailes de géant n'entravent votre démarche.
Vous avez un beau brin de plume, ce qui semble normal pour un albatros, mais s'il s'agit de désigner des députés européens, mieux vaut peut-être rester un peu plus près du sol.
Excusez-moi de vous prendre comme tremplin de ma réflexion, mais nous ne sommes déjà pas bien nombreux (2500 signataires, la grande Armada !) et la plupart des contributeurs sur ce site nous la jouent stratosphérique.
Restons pratiques, creusons les projets, les solutions. Assez de bordugouffrisme. J'ai quand même lu quelques interventions bien argumentées sur la "Green collar Economy", l'agriculture du pétrole. C'est dans ce sens qu'il faut aller.
Ce site roupille pour tout dire. Allez donc voir chez TreeHuggers, par exemple (aie, des ricains, gros mot).
Je crois ces européennes mal parties pour Europe Ecologie - France, Dany va prendre la gifle que les Verts ont ramassée aux dernières élections nationales. Il aurait dû sagement rester sur l'Allemagne. Avec tous les bras cassés que les grands partis français veulent recycler au Parlement Européen, il ne va pas rester de place pour grand monde. J'en suis bien désolé pour Eva Joly, envers qui j'éprouve une immense admiration.
Il reste 7 mois pour faire mieux! La vitesse de progression des signatures n'est pas mauvaise. De plus la grande Armada a été vaincue ;-).
Assez d'accord.
D'accord avec vous. Le problème c'est d'envoyer les meilleurs négociateurs (avec les "bonnes idées") au parlement européens pour convaincre les autres délégués des pays de l'UE. Faire sauter les accords de Blair House. Taxer les pesticides. Réformer la politique migratoire. Basculer vers une fiscalité écologique harmonisée. Serpent social et fiscal européen (avec suppression des paradis réglementaires et fiscaux).
Mais non. Les tree huggers ne sont pas un parti politique. De plus les américains partent de tellement loin en matière d'économie d'énergie qu'il est très facile de faire du conseil sur le sujet là-bas. Autre chose, les français sont 63 millions. Les américains 300 millions...
Non il faut aller dans la rue et pas que sur le net. Mais là c'est l'hiver. Les verts ont fait des assez bons scores aux municipales contrairement à votre affirmation. Il faut faire de la pub pour le site et y mettre un peu de sa poche pour le financement. Le mode de scrutin est différent des législatives et de la présidentielle.
A l'hosto les bras cassés.
Amicalement
PS: sympa le surnom.
oui, nous avons...et nous allons danser autrement! si la troisième révolution dont tu parles est déjà bien en chemin et n'a pas attendu que nous ouvrions nos fenêtres afin de nous parler, de percevoir derrière ce sentiment partgé que les messages que nous portions dans nos chapelles avaient du sens, il nous revient de prendre le temps de poser la question de l'Homme et de son lien à la nature. Mais ce lien est à la fois tellement sensible et puissant qu'il va nous entraîner naturellement à dépasser les simples limites de nos propres questionnements sur l'eau, la fonte des glaces, le fait de pisser dans les champs ou de faire du no logo un choix de vie...C'est bien de la bararie de la société néolibérale qu'il faut arriver à dépasser et le projet écologique, politique et social - sociétal en un mot, demeure l'alternative la plus prometteuse...Construire autrement, penser la rencontre des civilisations et non leur choc, revenir à l'essentiel qui est la construction d'un projet collectif est bien le coeur de cette troisième révolution. Et si nous la faisions ensemble, en toute sérenité, celle qui s'appuie sur la certitude que l'essentiel est le bien commun?
"C'est bien de la bararie de la société néolibérale qu'il faut arriver à dépasser et le projet écologique, politique et social - sociétal en un mot, demeure l'alternative la plus prometteuse..."
@ Bertrand: un petit test pour votre projet societal: prenons le cas de la France. 550000 km2. Fixe. Qui ne varie pas avec le temps (hors guerre). Sa population augmente de façon constante (http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:France_demographie.png). Actuellement 100 habitants/km2. Comme j'imagine que votre vision de la société ne s'arrete pas aux six prochains mois, comment souhaitez vous que la population française évolue jusqu'en 2030 par exemple? Vous souhaitez:
- qu'elle evolue sans controle, c'est à dire qu'elle continue à augmenter sans limite fixée?
- qu'elle se stabilise après avoir augmenté par rapport à 2008? (dans ce cas, estimez numériquement la population)
- qu'elle se stabilise après avoir diminué par rapport à 2008? (dans ce cas, estimez numériquement la population)
(j'exclue le cas de la décroissance infinie menant à une population ~0).
Merci d'avance de votre réponse.
Celui qui doute.
retour à malthus?!!! merci pour le petit test! je crois qu'un équibre entre croissance naturelle, mouvements migratoires doit permettre d'éviter un trop forte pression sur les resources natutrelles finies...et je crois urtout à l'éducabilité de la personne pour faire partager ce projet sociétal...
celui qui peut aussi douter!!!
ou comment eviter de repondre à une question genante...
"je crois qu'un équibre entre croissance naturelle, mouvements migratoires doit permettre d'éviter un trop forte pression sur les resources natutrelles finies..."
et ça mène à quelle population pour la France? 60 millions? 70 ? 80? 100? 200? ou vous bottez une nouvelle fois en touche?
"et je crois urtout à l'éducabilité de la personne pour faire partager ce projet sociétal..."
l'un n'empeche pas l'autre.
je suppose que si vous posez la question vous avez une réponse?
Sans l'immigration la population française serait en stagnation. Actuellement le nombre de naissance compense juste le nombre de déces depuis peu.
Au niveau mondial les dernières projections de l'ONU montre que la population croit moins vite qu'anticipé antérieurement. Eu europe seule la France et l'Irlande ont un taux de natalité assurant le renouvellement des générations.
Ce n'est pas un problème de population totale (dans les vitesses actuelles de croissance de la population qui sont forcément destinée à diminuer étant donné le niveau d'éducation croissant des femmes) mais de répartition des richesses et d'organisation sociale (capacité de charge du milieu).
"Au niveau mondial les dernières projections de l'ONU montre que la population croit moins vite qu'anticipé antérieurement."
oui mais elle croit! Alors que les ressources s'epuisent. Il faut mettre les ressources en relation avec la popultion et non avec la croissance de la population. D'ici 2050 selon l'ONU, on sera entre 8 et 9 milliards. Disons 8.5 milliards. C'est deux milliards d'être humains a nourrir et à loger en plus. Vous pensez serieusement que les innombrables problèmes de l'humanités vont aller en s'ameliorant en rajoutant 2 milliards d'être humains en plus en 40 ans? Vous êtes un doux reveur.
Les pays qui ne controlent pas leur natalité sont ceux qui sont condamnés à la pauvreté. Ex.: le Niger. 6 enfants par femme. Une population augmentant de 3% par an. Aura doublé d'ci 2025. Deforestation massive en cours juste pour mettre du bois sous la marmite. Voilà un pays qui se suicide. ET la faune qui habite dans ces forêts, elle va aller où d'après vous?
Et dans les pays occidentaux c'est pas mieux. On fait certes moins d'enfants mais on a des telles densités de population qu'on consomme, qu'on pollue, qu'on detruit pour vivre. Et en plus on voudrait qu'il y ait toujours plus, toujours plus, toujours plus d'etre humains (au dépend des autres espèces bien sur) à participer à cette destruction.
L'accès à l'éducation est certes important et c'est, de loin, pas le seul paramètre. Se réfugier derrière cet unique paramètre, c'est se cacher derrière son petit doigt (c'est ça le natalisme bien pensant!). Aux USA, c'est trois enfants par femme...
Et les ressources actuelles dont on dispose (encore) ne s'epuisent pas plus vite simplement parce que le pays le plus peuplé du monde (la Chine) a adopté des mesures de controle demographique. Imaginez si les chinoises faisaient 2 à 3 enfants...
La repartition des richesses, l'organisation sociale, l'efficacité energétique, tout ça c'est très bien, mais si ce n'est pas fait dans le cadre global d'un controle demographique, tous les progrès qui seront fait en termes environnementaux (par habitant) seront compensés par l'accroissement de la population. D'ailleurs les emissions de CO2 (pour ne donner qu'un exemple) continue d'augmenter... Et ils continueront, il ne faut pas se faire d'illusions...
C'est effarant qu'il y a encore des gens qui ne réalisent pas qu'on est arrivé aux limites de notre planète et qui veulent pousser l'expansion humaine encore plus (la croissance, la croissance!) pour epuiser toutes les ressources encore plus vite au lieu de tendre vers une société à population stable et controlée. Toujours plus, toujours plus, toujours plus...
Dans le manifeste d'Europe Ecologie, pas un seul mot sur la demographie...
tu illustres bien ce que dit Bertrand je crois : il faut ABSOLUMENT dépasser la barbarie néolibérale qui rêve de contrôler jusqu'au droit des gens à faire des enfants !
pleinement d'accord avec ta démarche qui consiste à dire que le libéralisme politique et de son évolution vers cette forme barbarie néolibérale une nouvelle forme d'autoritarisme!
Quel aveuglement!
La barbarie, c'est d'avoir une population qui n'est pas en adequation avec les ressources disponibles.
L'hypocrisie (et/ou la betise), c'est de parler de décroissance de l'empreinte ecologique de l'espece humaine tout en continuant aveuglement à faire naitre des pauvres gamins qui n'auront pas les ressources pour vivre décemment.
Le natalisme bien-pensant n'est rien d'autre qu'une forme de productivisme, ce même productivisme qui nous mène droit dans le mur: toujours plus d 'être humains, toujours plus de pressions sur la peche (alors qu'on a déjà installé un système de quotas), toujours plus de pression sur l'agriculture, sur les ressources energetiques, toujours plus de promiscuité pour les hommes et toujours moins d'espaces pour les autres espèces animales et végétales, toujours plus d'artificialisation des sols pour contruire des lotissements, des ecoles, des hopitaux, des equipments de spots. Toujours plus de vetements, de medicamments, de papier ... etc ....
toujours plus, toujours plus, toujours plus.... Sans traiter le problème demographique, les Verts (et les ecologistes) sont tout aussi productivistes que l'UMP!
La barbarie neoliberale, contrairement à ce que vous dites, est justement basée sur l'explosion démographique. Tous les neolibéraux encouragent les femmes à avoir le plus d'enfants possibles. Pas une seule année sans que l'UE encourage ses citoyens à faire plus d'enfants sinon "la croissance sera en danger"!
Ecoutez et lisez Waechter, c'est le seul qui est lucide parmi vous! c'est le seul qui comprenne qu'une société durable et soutenable est basée sur une population stable, c'est à dire sur des controle raisonné des naissances, en adéquation avec les ressources locales à disposition.
Educablité de la personne serait ma réponse!!! Quant aux pays qui pratiquent le contrôle des naissances, celà n'évoque pas des modèles du genre en terme de démocratie...est-ce que je me fourvoierai?
Bertrand
Aie, si vous pensez que la France, où le citoyen n'a d'autre prerogative que de mettre un bulletin dans l'urne et de fermer sa g.... pendant 5 ans, est un modèle de démocratie, vous avez des exigences bien faibles...
Ceci étant, oui, vous vous fourvoyez car vous comparez la valeur d'une idée (le controle des naissances) à la valeur d'un régime (dictature). Politiquement, c'est bien immature. Le monde n'est pas aussi simple avec les gentils et les méchants (vision bushienne du monde). La Chine, si criticable soit son régime, a ratifié le protocole de Kyoto. Qu'est ce qu'il faut faire? Jeter Kyoto à la poubelle pour rester "entre gentils"??
Vous pouvez mettre des oeillères pour ne pas voir ce qui vous dérange et ne pas aborder les sujets politiques tabous, mais ça ne fait pas disparaitre le problème. Si les 300 millions de chinoises (en viron) en age de procréer avaient deux à trois enfants chacune, la situation environnementale mondiale serait encore bien plus critique maintenant. Et votre modèle ONUsien de la démographie prendrait du plomb dans l'aile.
j'ai une admiration sans borne pour les peronnes qui comme vous sont enfernés dans "des châteaux" de certitudes...et si le régime de la démocratie actuelle n'est pas parfait, je pense que le modèle alternatif n'est pas né! immaturité, exigences faibles..ce sont des jugements bien hâtifs!...j'ai le souvenir des gentils communistes français se rendant en URSS et ventant un régime de dictature du prolétariat...un modèle tellement plus productiviste que bien d'autres...
les Verts ont aussi des certitudes: celle par exemple que la croissance continue dans un monde fini n'a pas de sens. Et ils ont bien raison. Le seul (gros) problème, c'est qu'entre les concepts et la mise en pratique, il y a un gouffre (de tabous). Une société soutenable avec une population croissante est une idée indéfendable (dans laquelle persiste, comme vous, vos collègues de droite )... C'est plus que politique, c'est physique. Je suis toujours admiratif devant les contorsions intellectuelles de ceux qui essaient de défendre coute que coute cette position insoutenable au nom des modèles de société (maintenant périmés) qu'on leur a inculqué. c'est comme les "de droite". Vous leur dites qu'avec une croissance economique constante à 3% (donc exponentielle), ça va pas le faire: même réaction, ils se bouchent les oreilles et mettent des oeillères. Et dès qu'on les place devant leur (enormes) contradictions (ce qui est un jeu d'enfant), ils font comme vous: ils bottent en touche... Ou ils utilisent leur "argument" massue: "on va pas revenir aux temps des cavernes, tout de même". Vous, c'est l'éducabilité.
c'est dommage car dans les programmes des Verts, il y a de bonnes idées mais il manque l'essentiel, le cadre demographique dans lequel doit s'inscrire toutes ces bonnes idées. Vous manquez d'une vision globale et à long terme.
La seule société soutenable qui existe à long terme, c'est une société à population et à ressources stables (bon an, mal an). En physique, on appelle ça un état stationnaire. Et on se dirige exactement à l'opposé... grace à l'ideologie de la croissance continue (qu'elle soit economique, demographique, energetique...)
quant à un système democratique largement plus près des citoyens (comparé à la france, il est vrai que ce n'est vraiment pas dur...), vous devriez vous renseigner sur le système suisse qui existe depuis des décennies.
Il n'y a pas de natalisme bien-pensant.
Quand les gens ont un niveau de vie correct, un système de retraite ou d'épargne, et que les femmes ont accés à l'éducation ils font moins d'enfants.
C'est tout. De plus l'adéquation entre ressources et besoins dépend des besoins et de la manière de les satisaire.
Oui, dépassons, dépassons...
Mais faut-il seulement dépasser la forme néolibérale ou doit-on aussi faire hou les cornes à toutes les autres formes de barbarie barbare, et les majuscules, sont-elles nécessaires ou contingentes ? Je m'interroge.
17:00 le 17/11 : 2516 signataires and counting...
Il y a quelqu'un ?
Alexandre JURADO
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Urgence écolo ! Urgence sociale !
Oui il y a urgence. Il y a urgence à agir, aujourd'hui, quand les crises économique, sociale, démocratique et environnementale s'accélèrent et se superposent…
1. On ne peut pas dissocier la problématique écologique de la problématique sociale.
Les déséquilibres causés par l’activité humaine sur les écosystèmes et les atteintes à la justice sociale sont liés. Ils puisent leur origine dans une source commune : l’’éconmisme triomphant, le productivisme, le profit à court terme…
Faut-il écologiser la gauche ? C’est une erreur politique et stratégique majeure. La gauche s’obstine à croire que le cycle « consommation/production », dans une ascension linéaire et infinie, est seul capable de produire des richesses matérielles qu’il s’agit seulement de bien partager. Elle refuse d’admettre que «le logiciel productiviste » est une entrave, de par sa logique interne, à la mise en œuvre concrète de toute forme de justice sociale et d’égalité des chances. Or, ce n’est pas parce que nous partageons avec la gauche les mêmes idéaux de justice sociale et d’égalité que nous devons en conclure qu’elle est seule en capacité de les mettre en œuvre. Au contraire, la gauche s’est fourvoyée dans l’analyse des causes du malaise qui sévit dans notre civilisation. C’est à nous, écologistes, de reprendre à notre compte les idéaux d’une gauche à bout de souffle et de les replacer dans une perspective radicalement nouvelle, une perspective qui doit refonder notre rapport à la production et à la consommation.
2. Faut-il donner la moindre légitimité à la soudaine conversion des partis de l’extrême gauche à l’écologisme ? Certainement pas. L’extrême gauche a ceci de particulier qu’elle n’existe qu’en creux, en négatif. Objectivement parlant, elle ne remet pas en cause le rapport productiviste au mode de consommation et de production, elle s’en nourrit pour mieux en dénoncer les inégalités - à juste titre, certes d’ailleurs- mais ce faisant, elle ne remet pas en cause fondamentalement un système dont elle a besoin pour exister, pour s’y opposer, de sorte que cette opposition tient lieu à elle seule de programme
3. Dans ces conditions, quelle est la voie la plus sûre pour écrire enfin l’histoire de l’écologie sur les sentiers qui sont les siens ? C’est la voie du rassemblement des écologistes. L’écologie politique doit prendre son destin en mains et assumer avec confiance la responsabilité qui lui revient : refonder l’utilité sociale, donner un sens nouveau à l’activité économique en la plaçant au cœur du développement humain. Sortir du secteur marchand les besoins vitaux, et avoir une vision claire du pourquoi et du comment on produit et on consomme. Je pense que seule une écologie rassemblée peut, à terme, concevoir et porter un tel projet. Mais aussi convaincre le plus grand nombre de citoyens de nous rejoindre.
4. Nous devons prendre part au débat sur la « décroissance » et donner notre point de vue avec l’expérience qui est la nôtre. On ne peut plus aujourd’hui traiter avec mépris ou suspicion un courant d’idées, « les décroissants », qui essayent, en toute sincérité, de trouver des formes nouvelles d’organisation sociale. Nous sommes de plus en plus nombreux à admettre les limites du « développement durable ». Dans un premier temps, ce concept à eu le mérite de mettre en avant l’interdépendance entre le social, l’environnent et l‘économie. Mais nous voyons bien que le capitalisme s’adapte parfaitement à ce concept et l’utilise pour asseoir sa propre « durabilité ». Il faut aller plus loin et défricher des voies nouvelles, pour trouver des solutions inédites ; penser et gérer une décroissance solidaire et démocratique plutôt que de la subir à travers la crise systémique qui frappe le capitalisme mondial.
Écologistes où que nous soyons unisson-nous !